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Europe Course contre la montre pour le déblocage de l’aide aux producteurs

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La présidence suédoise s’emploie à débloquer au plus vite l’aide de 280 millions d’euros promise aux producteurs de lait. Une décision sans débat (point A) au Conseil agricole de novembre serait la bienvenue pour éviter des complications dues à la mise en œuvre du traité de Lisbonne. De son côté, la Commission européenne, profitant de la hausse des prix, poursuit sa politique de démantèlement des mesures de soutien. Le Copa et la Cogeca redoutent en particulier une remise trop rapide des stocks d’intervention de beurre sur le marché.

Outre l’aide de 280 millions d’euros, les ministres de l’Agriculture de l’UE doivent encore formellement se prononcer sur la modification du fonctionnement du système de rachat de quotas pour la campagne 2009/10 et 2010/11 en vue de dégager des fonds pour la restructuration du secteur laitier ainsi que sur l’extension de la clause dite de perturbation (article 186) au secteur laitier qui donnera la faculté de réagir plus rapidement aux perturbations du marché (1).
La présidence suédoise déploie beaucoup d’énergie depuis quelques semaines pour que ces trois mesures puissent être adoptées avant la fin de l’année. Compte tenu du nouveau contexte législatif dû à la mise en œuvre du traité de Lisbonne, qui doit entrer en vigueur le 1er décembre, une décision doit impérativement être prise sans débat (point A) par les Vingt-sept, lors du Conseil agricole du 20 novembre pour que les crédits puissent être débloqués au début de l’année prochaine. Dans le cas contraire, le versement des aides pourrait être retardé de plusieurs mois. Les Suédois tenteront d’obtenir une majorité qualifiée sur ce dossier à l’occasion de la réunion des experts agricoles des Vingt-sept à Bruxelles prévue le 16 novembre. Alors que le Royaume-Uni aurait annoncé son intention de s’abstenir, plusieurs Etats membres, en particulier, l’Espagne, la Finlande, la Pologne, l’ Autriche, le Danemark et Chypre, maintenaient toujours des réserves.

Beurre et poudre pour les plus démunis
La question de la remise sur le marché du beurre d’intervention (2) a été évoquée lors du comité de gestion du 6 novembre à la demande du Royaume-Uni. Mais aucun Etat membre n’a demandé à la Commission de commencer à vider les frigos publics. Alors que les organisations agricoles, le Copa et le Cogeca, se disent préoccupées par l’idée d’écouler maintenant des stocks d’intervention sur le marché, une part très importante des stocks actuels aurait déjà trouvé preneur. La Commission européenne vient en effet de donner son feu vert à la mise en œuvre du programme d’aide aux personnes les plus démunies de l’UE pour l’année 2010. A ce titre, quelque 51 000 tonnes de beurre et 65 000 tonnes de lait écrémé en poudre stockées à l’intervention seront mises à la disposition des organisations caritatives entre mai et septembre. Les stocks publics de beurre s’élèvent actuellement à 77 000 t et le ceux de poudre de lait à 268 000 t. Par ailleurs, la Commission a procédé à la suppression des restitutions sur tous les produits laitiers, à l’exception du beurre. Une décision qui, explique-t-on à Bruxelles, reflète l’amélioration continue des prix sur le marché mondial, lesquels se redressent plus rapidement que dans l’Union. La Commission a confirmé qu’elle suivait très attentivement la situation des cours et que son objectif était d’agir au mieux dans l’intérêt du marché. Le prix moyen du beurre dans l’UE s’élevait début novembre à 284 euros par 100 kg, avec des pointes à 330 euros aux Pays-Bas et de 301 euros en France.

(1) Voir n° 3223 du 26/10/2009
(2) Voir n° 3225 du 09/11/2009

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