Non, le coût du travail n’est pas un frein à la compétitivité des exploitations agricoles, ni des industries agroalimentaires, affirme la Fnaf-CGT. Pour le syndicat de salariés, la FNSEA comme l’Ania s’en prennent à tort aux salariés.
« Le coût du travail […] plomberait la compétitivité de l’agriculture » ; « le défaut de compétitivité de l’industrie agroalimentaire française s’expliquerait […] par un coût du travail trop élevé » : la Fnaf-CGT semble fatiguée d’entendre « cet argumentaire patronal » qu’elle dénonce dans deux communiqués successifs des 24 et 25 avril. Fustigeant tour à tour la FNSEA et l’Ania (Association nationale des industries agroalimentaires), le syndicat estime nécessaire de « réaffirmer quelques réalités » qui contredisent les affirmations des chefs d’entreprise.
Agriculture : maintenir une protection sociale solidaire
La Fnaf-CGT déplore l’action syndicale de la FNSEA qui « milite », à travers sa demande de mise en œuvre d’une TVA sociale, pour la « fiscalisation » et la « privatisation » de la « protection sociale solidaire ». Pourtant, estime l’organisation de salariés, dire que le coût du travail pèse sur la compétitivité est « fallacieux ». « La part du travail salarié […] ne représente que 30 % de la production agricole », rappelle la Fnaf-CGT qui considère que le problème réside davantage dans la « domination » de « grandes entreprises chimiques », d’« industries alimentaires » et de « la grande distribution » que dans le coût de la main-d’œuvre. D’autant plus que « le cumul des mesures d’exonération mises en place par les gouvernements successifs aboutit à ce que les agriculteurs, notamment les plus gros, ne paient quasiment plus de cotisations sociales ». Le danger, de fait, est qu’ils « ne participent plus au financement de la MSA », s’inquiète la Fnaf-CGT.
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Agroalimentaire : la valeur ajoutée « au bénéfice des capitalistes »
Le syndicat se montre encore plus dur envers les industries agroalimentaires (IAA). Il rappelle que, comme les exploitants employeurs de main-d’œuvre, les IAA ont elles aussi bénéficié de multiples allégements de charges sur le coût du travail. Et pourtant, elles n’ont augmenté les salaires que de 4,8 % en quatre ans, quand la hausse dans le secteur industriel a atteint 5,6 %. Pour la Fnaf-CGT, les « grands groupes de l’industrie et de la distribution » ont profité d’une envolée des prix – « la consommation en volume a progressé de 12,1 %, contre 52,5 % en valeur » – sans partager la valeur ajoutée de façon équitable. Celle-ci bénéficierait aux « capitalistes », puisque tandis que la part des profits dans les richesses créées suit une courbe ascendante, celle des salaires est en baisse. La Fnaf-CGT enfonce le clou en contredisant directement l’Ania qui se targuait, le 4 avril dernier, d’avoir créé 10 000 emplois depuis 2014. Faux ! affirme la Fnaf-CGT : ce sont même 20 000 emplois qui ont été supprimés, selon elle, entre 2008 et 2015.