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Covid-19 : « Pour l’instant, ça se passe bien » pour l’export de céréales

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France AgriMer a corrigé le 11 mars en hausse les exportations céréalières 2019-20, vu le peu d’effet jusque-là du coronavirus sur l’activité. Une vision en ligne avec celle du ministère américain de l’Agriculture (USDA), dont le rapport mensuel du 10 mars montre un statu quo pour les échanges mondiaux de blé et maïs.

« Pour l’instant, ça se passe bien », a souligné le président du conseil spécialisé grandes cultures de France AgriMer, Benoît Piètrement, le 11 mars, lors d'une conférence de presse : les exportateurs français restent « plutôt optimistes » malgré de nombreuses incertitudes liées à l’épidémie.

La France affiche des embarquements records en février

En blé tendre, les chiffres d’export vers pays tiers et UE sont portés à respectivement 12,7 Mt (contre 12,6 Mt en février) et 8,073 Mt (contre 8,018 Mt), d’après FranceAgriMer. Cette réévaluation tient compte d’un record le mois dernier, attestant d’une demande mondiale toujours dynamique. D’après les données portuaires, la France affiche en février des volumes historiques à l’export vers les pays tiers, avec 1,45 Mt embarquées, soit un cumul de 7,9 Mt depuis le début de la campagne (+40 % en glissement annuel).

La pandémie de coronavirus a pourtant un impact négatif côté monnaies, avec un rouble affaibli qui favorise l’origine russe. Sa parité face au dollar montre un recul de près de 10 % en une semaine, d’après Marc Zribi, chef de l’unité grains et sucre. Dans le même temps, l’euro progresse d’environ 3 % face au billet vert, soit un écart de 12 à 13 % vis-à-vis du rouble. Or, 9,3 Mt de blé tendre restent à exporter par la Russie, selon l’Union russe des grains (RGU). « Le blé russe va concurrencer très sérieusement l’origine France » sur les quatre derniers mois de 2019-20, a-t-il prévenu.

Aucune perturbation n’est signalée vers l’Empire du Milieu, les céréales transitant vers les ports situés au sud du pays. FranceAgriMer souligne une « forte présence de la Chine aux achats », le blé français en captant une bonne part à 763 000 t cumulées au 1er mars.

Des prévisions USDA inchangées

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Côté USDA, les prévisions de stocks et d'exportation des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de blé et de maïs n'ont pas été modifiées. En blé, les stocks mondiaux de fin de campagne sont même en légère diminution, à 287,1 Mt. Seule la Russie voit ses prévisions d'export grimper de 1 Mt, à 35 Mt. L'Inde, en revanche, voit sa production réévaluée à 103,6 Mt (+1,4 Mt), et ses stocks progresser d'autant, ce qui pourrait favoriser son retour sur le marché mondial. Concernant le maïs, c'est le statu quo général.

Dans ce cas, tout comme dans celui du blé, les projections USDA sur l'importation de la Chine demeurent inchangées, à respectivement 7 et 4 Mt, en dépit de l'épidémie. Seules petites modifications, la consommation du Brésil est revue à la hausse, concernant l'alimentation du bétail (57 Mt, +500 000 t), tout comme la projection d'exportation de l'Ukraine (32 Mt, +1 Mt).

Flux préservés sur l’Italie

En orge, les répercussions du Covid-19 demeurent floues, juge FranceAgriMer, même si une baisse de 70 % de la consommation de bière depuis décembre est signalée en Chine, à cause des restrictions sur les rassemblements publics. L’établissement national relève ses prévisions d’export vers l’UE à 3,8 Mt (contre 3,7 Mt en février) sous l’impulsion notamment d’une bonne demande nord-communautaire.

Concernant le blé dur, l’attention se porte vers les flux à destination de l’Italie, qui semblent préservés grâce à des trains et camions non perturbés, les bateaux quant à eux pouvant subir des quarantaines. FranceAgriMer reconduit le poste d’utilisations domestiques en semoulerie, à 490 000 t, dans l’attente des chiffres de l’industrie qui fait face à un pic de demande en février/mars.

Une « forte présence de la Chine aux achats » de blé tendre