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Peste aviaire Craintes d’une défiance à l’égard de la volaille

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L’engouement estival des médias grand public et des hommes politiques à propos de la peste aviaire fait craindre à certains la montée d’une défiance des consommateurs à l’égard de la volaille et des produits à base de volaille. Si les professionnels restent sereins, Bruxelles juge nécessaires des mesures visant à rassurer les acheteurs pour éviter au secteur une nouvelle crise.

Faute d’autres sujets, tous les grands médias ont fait de la peste aviaire leur sujet de prédilection cet été. Avec quelles conséquences pour la consommation de produits à base de volaille ? Car, si les experts vétérinaires estiment les risques d’épidémies « faibles ou éloignées », ils redoutent les conséquences que la médiatisation d’une menace rampante depuis maintenant deux ans pourrait avoir dans les prochaines semaines.

« Disproportionné »

Réunis le 25 août dans la capitale européenne, ils ont donc proposé aux Etats membres d’instaurer un étiquetage des produits alimentaires à même de rassurer les consommateurs. Il pourrait prendre la forme d’une garantie d’origine européenne telle qu’elle existe déjà pour d’autres filières, même si l’idée peut s’avérer difficilement compatible avec les règles de l’OMC. La base législative de ce travail pourrait être trouvée dans la proposition faite par l’exécutif européen sur le bien-être des poulets de chair. Elle préconise un rapport sur les systèmes obligatoires d’étiquetage dans la filière avicole.

Quoi qu’il en soit, le législateur ne semble pas disposé à prendre des mesures trop radicales, même si Markos Kyprianou, le commissaire chargé de la Protection des consommateurs veut « être certain que tout est fait, à 100%, pour prévenir l’extension de l’épidémie ». D’ailleurs, l’enfermement des volailles, imposé par les Pays-Bas, est apparu « disproportionné » aux experts vétérinaires. D’après certains professionnels, cette décision pourrait être incompatible avec la réglementation communautaire.

Serein, oui mais…

Ces derniers paraissent plus sereins que les pouvoirs publics. « Si l’on constate une baisse de la consommation de viande de volaille, nous utiliserons plus de viande bovine ou porcine. Nous avons de la flexibilité », rassure un représentant de l’industrie transformatrice de viande, à Bruxelles. Même ton à Paris où l’on note le faible impact des dernières flambées de peste aviaire. Mais cela pourrait changer si le gouvernement et le chef de l’Etat ne cessent de communiquer sur le sujet, relève-t-on toutefois.

Plus de médicaments et de contrôles prévus par la France

A Paris justement, le Premier ministre a décidé d’augmenter les « réserves de médicaments anti-viraux et de vaccins » pour faire face au risque d’épidémie de grippe aviaire et de renforcer les « dispositifs de contrôle sanitaire » dans les aéroports, a annoncé le chef du gouvernement le 30 août. « Les réserves de masques de protection seront immédiatement accrues pour atteindre 200 millions d’unités au début de l’année 2006 », a également précisé Matignon.

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« Les dispositifs de contrôle sanitaire seront renforcés dans les grands aéroports accueillant des vols internationaux », a enfin indiqué le gouvernement.

Ces annonces ont été faites à l’issue d’une réunion à Matignon, présidée par Dominique de Villepin, en présence d’une dizaine de ministres, pour «f aire le point sur les mesures de prévention existantes » face à « l’épizootie de grippe aviaire en Asie ».

Tout en rappelant que le « risque de propagation en France était faible à ce jour », le communiqué de Matignon a souligné l’importance d’une démarche de prévention, sur laquelle le président Jacques Chirac a aussi insisté ces derniers jours.

Le Premier ministre a demandé par ailleurs qu’une «stratégie d’information et de communication» lui soit présentée d’ici au 15 septembre afin de « mieux informer les Français sur les risques sanitaires » et de « mieux préparer » les professionnels de la santé et de la filière avicole. Il a aussi annoncé la nomination cette semaine d’un délégué interministériel chargé de la coordination de « l’effort national de préparation à la grippe aviaire » et notamment « d’exercices de crise ». La France va « rechercher» par ailleurs avec ses partenaires de l’UE « une coordination des plans de prévention et de réaction à la menace de pandémie ».