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Six entreprises et trois organisations professionnelles françaises (1) annoncent avoir créé l’Alliance française pour une huile de palme durable. Elles entendent œuvrer « en faveur de l’utilisation d’une huile de palme durable, c’est-à-dire qui prévient la déforestation, plus respectueuse de l’environnement et des populations locales et qui favorise le développement des petits producteurs, mais aussi pour apporter aux consommateurs français une information la plus large possible sur le sujet », indique Marc Toussaint, porte-parole de l’Alliance dans un communiqué du 23 septembre. Les membres veulent qu’à terme leurs approvisionnements en France soient 100% durables et traçables et s’engagent à utiliser, d’ici 2015, une huile de palme qui réponde à 100% d’huile de palme certifiée par la RSPO (Round-Table on Sustainable Palm Oil ou Table-ronde sur l’huile de palme durable). Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus général en Europe, où des démarches similaires ont vu le jour aux Pays-Bas, en Belgique, en Grande Bretagne et en Allemagne, et poursuivent le même objectif de permettre aux entreprises de s’approvisionner d’ici 2015 avec une huile de palme qui réponde à 100% aux critères de durabilité définis par la RSPO.
Ne pas condamner l’huile de palme
Cette initiative ne vise pas à condamner totalement l’usage de l’huile de palme, car les signataires reconnaissent que celle-ci n’est pas un élément nocif en soi et présente des qualités intéressantes d’un point de vue technologique dans de nombreux produits industriels. Ils soulignent également que la culture des palmiers, bien conduite, « a montré sa capacité à réduire la pauvreté sous les tropiques », notamment en Malaisie et Indonésie « avec une élévation du niveau de vie remarquable et l’émergence d’une classe moyenne rurale ». Le sujet de l’huile de palme doit revenir en discussion devant les élus nationaux à l’automne. L’an dernier, le Sénat avait lancé un débat sur la dangerosité supposée de l’huile de palme destinée à l’alimentation humaine et accusée de favoriser l’obésité et la déforestation. Un amendement (PS) du Sénat proposait de surtaxer cette huile, une taxe baptisée « taxe Nutella », du nom de la populaire pâte à tartiner au chocolat qui en contient. L’initiative avait été reprise à l’Assemblée nationale par les écologistes, qui voulaient augmenter de 300 % la taxe sur cette huile, mais elle a finalement été rejetée. En visite officielle en Malaisie, fin juillet, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a rassuré le deuxième producteur mondial d’huile de palme, rappelant que la « taxe Nutella » n’avait pas été adoptée ni soutenue par son gouvernement. Il avait également rappelé que dès l’an prochain, il y aurait une réglementation européenne qui rendra obligatoires les indications du nom des huiles utilisées et que l’huile de palme sera traitée comme toutes les autres.
(1) ANIA (Association nationale des industries alimentaires), Alliance 7 (Fédération des produits de l’épicerie et de la nutrition spécialisée), FNCG (Fédération nationale des industries de corps gras), Cérélia, CSM, Ferrero, Nestlé, Unilever, Vandemoortele.
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