La coopérative Champagne Céréales vient de développer un service agronomique et de vente d’intrants en Ukraine, un pays d’avenir pour la production de grandes cultures. Le résultat net de la coopérative s’élève à 10 millions d’euros et celui du groupe à 8,5 millions d’euros.
La coopérative champenoise Champagne Céréales s’installe en Ukraine, en développant une activité de vente de produits phytosanitaires et semences, de conseil et de collecte auprès des agriculteurs qui travaillent pour les malteries de Malteurop installées dans ce pays. Malteurop est en Ukraine depuis 2001. Lors de la crise du secteur du malte en 2005, Malteurop a voulu se désengager du métier de collecte, de vendeur d’appro et de conseil qu’il assurait depuis le début. Le conseil d’administration de Champagne Céréales a décidé de reprendre cette activité en créant la société Agrozium. L’opération est définitive depuis le printemps 2006. « Nous avons investi 1,5 million d’euros, a expliqué Pascal Prot. Au delà de l’orge, Champagne Céréales a intérêt à être présent la-bas car le potentiel de production va être très élevé dans les années à venir ». La coopérative veut être associée aux projets de biodiesel de ce pays, dans le but d’être fournisseur. Le gouvernement ukrainien a demandé à la coopérative française d’étudier la possibilité d’implanter du colza dans son pays. « La société Agrozium a été créée pour tester les conditions de mise en valeur des terres agricoles en Ukraine. Cette expérience permettra ultérieurement de fournir les références aux agriculteurs de Champagne Céréales qui souhaitent développer des projets agricoles dans ce pays », précise Dominique Dutartre, directeur de la coopérative Champagne Céréales.
Un résultat net de 10 millions d’euros
La coopérative Champagne Céréales affiche un chiffre d’affaires de 562 millions d’euros (-1,4 %) pour un résultat net de 10,2 millions d’euros (+ 12 %) en 2005/2006, alors que la collecte était en baisse de 9 %. La marge brute d’autofinancement s’établit à 21,5 millions d’euros. Ces bons résultats s’expliquent par « la capacité de la coopérative à maîtriser ses coûts de fonctionnement (- 5 %) malgré la hausse du coût de l’énergie et du transport, et à maîtriser sa commercialisation », selon Champagne Céréales.
Le groupe coopératif Champagne Céréales, qui consolide 86 sociétés réparties dans 17 pays, affiche un chiffre d’affaires 2005/2006 de 1,103 milliard d’euros, en hausse de près de 5 %, et un résultat net part du groupe de 8,5 millions d’euros, en baisse de 25 % en raison des difficultés de Malteurop, dans un contexte extrêmement difficile. Le résultat négatif de Malteurop (- 1,1 ME) a été affecté par la faiblesse des marges et la fermeture de l’usine de Reims. Cependant, Malteurop vient de racheter deux nouvelles usines en Pologne et en Allemagne, suite au dépôt de bilan du malteur allemand Weissheimer, ce qui porte la capacité de Malteurop à plus de 1,2 million de tonnes de malt produit.
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Ethanol et biodiesel
« Nous avons une volonté de croissance dans tous les métiers auxquels nous croyons », insiste le président. Au-delà de l’Ukraine et de Malteurop, il s’agit de la meunerie avec Nutrixo, et des biocarburants. Nutrixo, deuxième meunier européen qui affiche un chiffre d’affaires de 787,5 millions d’euros et un résultat net de 17,3 millions d’euros (+ 11 %) a racheté la société Krabansky, spécialisée dans la fabrication de pains surgelés de qualité. Champagne Céréales est engagé dans les projets éthanol de Cristanol (Bazancourt) et Diester du Mériot. La coopérative possède 27 % des parts de Blétanol, union de coopératives qui détiendra à terme 45 % de Cristanol. De même, elle a fédéré une vingtaine de coopératives dans LMT Coop, holding qui regroupe les coopératives fournissant des graines pour la trituration de l’usine du Mériot (LMT Oléagineux). Champagne céréales détient 30 % de LMT au travers de Siclaé, holding financier regroupant les participations des coopératives ayant des intérêts communs dans l’aval (Nouricia, EMC2, Champagne Céréales).
Les autres projets dans le non-alimentaire
D’autres projets sont en cours de réalisation autour du non alimentaire : la production d’électricité à partir de biomasse. « Nous allons répondre à l’appel d’offres publié par le ministère des Finances pour la production de 300 Mwe grâce à une centrale de cogénération», explique Dominique Dutartre, directeur général de la coopérative. Autre projet : la production de pâte à papier à partir de paille en partenariat avec CIMV (compagnie industrielle de la matière végétale) dans la Marne ou la construction d’une unité de production de biodiesel à Baleycourt dans la Meuse (joint venture entre Siclaé et Ineos). Et en ligne de mire : la production de biocarburant de deuxième génération, dont la recherche est soutenue au sein d’ARD. Mais il reste encore de nombreux verrous technologiques à lever.