La Commission européenne a présenté sa feuille de route pour la mise en place d’un marché des crédits nature d’ici 2027, qui pourrait constituer une source de revenu complémentaire pour les agriculteurs, les forestiers ou les gestionnaires de terres.
Avec un mois de retard sur le calendrier initial, la Commission européenne a publié, le 7 juillet, sa feuille de route pour développer les crédits nature dont pourront notamment bénéficier les agriculteurs pour « des pratiques respectueuses de la nature, comme l’entretien des haies, la création d’habitats pour les pollinisateurs ou l’amélioration de la biodiversité des sols ». Sur le modèle de ce qui est en cours pour la certification des absorptions de carbone agricole (dont les premières méthodologies seront officiellement adoptées en 2026), plusieurs travaux vont devoir être menés en parallèle d’ici 2027 pour rendre ce dispositif opérationnel : établir un système de certification et de vérification fiable, construire un marché transparent, financer des projets pilotes… La commissaire européenne à l’Environnement, Jessika Roswall, prévient qu’il faudra que le futur cadre soit « simple, respectueux des réalités locales et réduisant au minimum les charges administratives […] pour garantir un accès équitable à tous les acteurs, petits et grands, locaux et internationaux ».
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Bruxelles va commencer par mettre en place un groupe d’experts sur les crédits nature (dès 2025) pour définir les premières méthodologies des marchés de crédits nature d’ici mi-2026 et un bilan sera fait en 2027. Une consultation publique sur cette feuille de route a été ouverte jusqu’au 30 septembre. « La crédibilité est essentielle », souligne Jessika Roswall qui assure vouloir éviter tout greenwashing. Elle promet une certification solide et scientifique, une gouvernance transparente du futur marché ainsi que des méthodes de vérification fiables.
Attirer des soutiens privés
Dans sa feuille de route, l’exécutif européen présente un cas concret de la façon dont pourraient fonctionner ces crédits nature à l’avenir. Elle prend en exemple un groupe d’agriculteurs travaillant ensemble à l’amélioration d’un écosystème de zone humide avec la mise en œuvre d’une série de pratiques. Un organisme de certification indépendant reconnu pourrait alors évaluer le projet, les méthodes utilisées et ses effets escomptés. Sur cette base, les agriculteurs recevraient un certificat, reconnaissant officiellement la conformité de leurs actions en faveur de la nature. Ce certificat pourrait alors attirer des soutiens financiers. Au fil du temps, le projet devra être suivi et des crédits nature sont progressivement attribués au fur et à mesure des résultats obtenus. Et pour ce qui est du marché, la chaîne de valeur comprendra un certain nombre d’intermédiaires : agrégateurs ou des facilitateurs à l’échelle locale, organismes de certification, registres et acheteurs. « Les acheteurs pourront être des entreprises des secteurs en aval (par exemple, des entreprises agroalimentaires), des institutions financières, des entités publiques ou des citoyens », précise la Commission.