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Nord-Sud Créer des filières en Méditerranée pour assurer la sécurité alimentaire

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Le 21 février, lors d’une conférence organisée par FranceAgriMer au Salon de l’agriculture, des représentants des filières agricoles du sud et du nord de la Méditerranée ont fait le point sur la situation de l’agriculture en Afrique du nord. Ils ont insisté sur la nécessité d’agréger les filières agricoles au sein d’interprofessions pour soutenir les investissements dans le secteur de l’agroalimentaire.

«De nouvelles incitations ont été mises en place pour aider à l’agrégation verticale des filières. Ceci passe par la création d’interprofessions dont la finalité sera d’inciter à l’investissement, et de développer les productions locales », a indiqué Ahmed Bentouhami, directeur du développement des filières au ministère de l’Agriculture marocain, lors d’une conférence organisée par FranceAgriMer au Salon de l’agriculture le 21 février. Il a d’ailleurs annoncé la publication d’une loi au Maroc en 2011 pour définir les conditions de reconnaissance d’une interprofession. « Le Ciheam constate qu’il est nécessaire de relancer les politiques agricoles dans le bassin méditerranéen afin d’atteindre un niveau de productivité permettant d’améliorer la souveraineté alimentaire des pays », a déclaré Sébastien Abis, administrateur et analyste politique au Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (Ciheam). Selon lui, « il faut diversifier les activités économiques dans les zones rurales afin que les populations décident d’y rester et de mettre fin à leur enclavement. Les emplois agricoles sont souvent délaissés au sud de la Méditerranée, une politique de formation pour relancer les vocations serait intéressante ». De plus, Sébastien Abis a expliqué qu’il fallait améliorer les organisations agricoles au sud de la Méditerranée afin de récupérer des marchés d’exportation vers le nord. « La création de normes, et la mutualisation des moyens entre les pays au niveau de la recherche agronomique, de la gestion des ressources ou des complémentarités entre les productions permettra aux pays du sud de la Méditerranée de peser d’avantage sur les marchés internationaux », a expliqué Sébastien Abis.

Aller au delà des seules relations commerciales avec la méditerranée
« Depuis la création de FranceAgriMer, il y a deux ans, nous avons participé à la construction transversale du comite euro-méditerranéen. Nous menons d’ailleurs une réflexion semblable en direction des Balkans », a indiqué Patrice Germain, directeur général adjoint chez FranceAgriMer, chargé de l’international. « Nous avons intérêt à garder des contacts avec le sud de la Méditerranée en dehors des seuls rapports de compétitivité », a aussi déclaré Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits. Ce dernier s’est cependant déclaré préoccupé par l’essor des politiques agricoles au Maghreb, tel le plan Maroc Vert, « pays avec lequel la France a des accords saisonniers d’importation sur les fruits et légumes et qui pourrait devenir un concurrent sérieux sur les produits biologiques d’importation compte tenu de la compétitivité de leurs coûts de production ».

Soutenir les partenariats publics ainsi que les initiatives privés
« FranceAgriMer compte collaborer à la création d’organisations interprofessionnelles à l’étranger afin de développer d’autres relations que les seuls liens commerciaux envers les pays du sud. Ceci afin d’engager des relations de long terme avec la rive sud de la Méditerranée dans les domaines de la coopération technique et scientifique en agriculture », a enfin expliqué Patrice Germain qui a aussi salué les initiatives de coopération privé telle celle développée dans le domaine du lait en Algérie par Bretagne International. Cette association de promotion des entreprises bretonnes vise l’augmentation du nombre de têtes de vaches laitières au sein des exploitations familiales algériennes par la mise à disposition de techniciens et d’ingénieurs constitués en groupes d’appui aux éleveurs (Gapel). Ce projet lancé en 2009 d’un coût de 1,8M€ sur trois ans est supporté à 60% par des financements publics algériens et à 40% par Bretagne International.

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