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Crise agricole : François Hollande s’engage à s’exprimer avant le Salon de l’agriculture

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Xavier Beulin (FNSEA) et Thomas Diemer (JA) en ont appelé à François Hollande sur la crise agricole le 2 février. Reçus par le chef de l’État à l’Elysée, ils l’ont sensibilisé à la détresse et aux souffrances du monde agricole, celui de l’élevage en particulier. François Hollande s’est engagé à aborder la question lors de sa rencontre avec la chancelière Angela Merkel qu’il devait voir à Strasbourg le 7 février. Il s’est également engagé à évoquer la question auprès des Français avant le Salon international de l’agriculture qui commence le 27 février.

Cette année, les propos du président de la République, traditionnellement prononcés avant ou à l’ouverture du Salon international de l’agriculture, seront écoutés avec une attention particulière. Le chef de l’État s’est en effet engagé à traiter, à cette occasion, de la crise agricole, et de l’élevage en particulier. Déjà, il devait aborder le problème avec la chancelière allemande Angela Merkel, le 7 février à Strasbourg. C’est ce à quoi il s’est engagé auprès de Xavier Beulin et Thomas Diemer, selon les deux syndicalistes, à la sortie d'un entretien à l'Elysée le 2 février. Ceux-ci ont d’abord demandé que la France prenne l’initiative pour obtenir de Bruxelles un geste fort face à la crise. Il s’agit déjà de dénouer l’embargo russe sur les produits alimentaires européens ; il s’agit en second lieu de mettre fin aux distorsions de concurrence dont profitent certains pays grâce au statut de travailleur détaché, comme l’Allemagne. Distorsions également provoquées par « le dumping social et réglementaire » qui pénalise les Français.

Etiquetage d’origine des viandes

Autre demande, l’adoption d’une directive rendant obligatoire l’étiquetage d’origine des viandes dans les produits transformés. Un dispositif qui suscite plusieurs oppositions de pays au sein de l’Europe. Enfin, l’Europe devrait accentuer sa politique de régulation. Le syndicalisme français veut remettre en question « le libéralisme exacerbé » face aux marchés, adopté par Bruxelles depuis la réforme de la Pac et qui a donné lieu à la crise d’aujourd’hui.

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Sur le plan national, Xavier Beulin a rappelé les demandes des agriculteurs : « Les opérateurs ne doivent pas spéculer sur des baisses de prix que rien ne justifie, en particulier dans le lait », dit-il. Les négociations commerciales conduites par les grandes surfaces se terminent le 29 février et les syndicalistes voient déjà apparaître des négociations avec des exigences de distributeurs qui tablent sur -10 % ou -15 % des prix sur leurs fournisseurs. Pas de surenchère réglementaire de la part de l’État, insiste aussi Xavier Beulin, critiquant les récentes mesures concernant le compte pénibilité, les cotisations de complémentaire santé des salariés calculées sur trois mois dès le premier jour d’embauche. Ou encore, l’interdiction de produits phytos laissant certains végétaux dans une impasse sanitaire.

Baisse de 10 % des charges sociales

Allégement des contraintes et des charges est le maître mot des demandes des syndicats agricoles FNSEA et JA. C’est dans cet esprit qu’ils évoquent une mesure phare : une baisse de 10 % des charges sociales des exploitants. Une réduction qui permettrait un allégement des charges de l’ordre de 600 millions d’euros et contribuerait à réduire le différentiel de charges vis-à-vis des Allemands, puissamment aidés par leur système original de TVA. Enfin, Thomas Diemer et Xavier Beulin ont demandé que soit accéléré l’application du plan d’aide d’urgence et que soit prolongée la possibilité d’obtenir une année blanche totale ou partielle sur les remboursements bancaires.