Deux syndicats apicoles majeurs ont quitté la toute jeune interprofession apicole, entraînant le lancement d’une mission du CGAAER sur sa gouvernance. Des tensions qui interviennent alors que la filière doit régler de nombreux dossiers.
La lettre avait été envoyée en juin, mais le départ n’est effectif que depuis le 31 décembre : l’Unaf et le SNA ont officiellement quitté la toute jeune interprofession apicole, Interapi, née en 2018. « La représentativité est bafouée dans le collège amont : alors que nos deux syndicats représentent 70 % des producteurs, nous avons le même nombre de voix que des petits acteurs », regrette Christian Pons, président de l’Unaf. Autres reproches : les inégalités de cotisation entre amont et aval ou encore « l’impossibilité de défendre le miel français grâce aux CVE ». Du côté d’Interapi, le président Éric Lelong (FNSEA) regrette ces départs, tout en rappelant que « les structures avaient fait le choix de l’égalité » dans la représentativité. « Nous pourrions nous sentir tout aussi floués dans la mesure où d’autres syndicats (agricoles) ne possédant aucune chambre d’agriculture ont autant de voix », poursuit le président.
Lors d’un rendez-vous avec Interapi la semaine du 23 janvier, Marc Fesneau a confirmé qu’une mission du CGAAER serait lancée prochainement pour étudier « la gouvernance » de l’interprofession. La rencontre a également été l’occasion de faire le tour des nombreux autres dossiers urgents pour Interapi. L’interprofession en a notamment profité pour rappeler au ministre sa « déception » concernant les résultats du plan pollinisateurs, promis en 2021 comme une réponse à la dérogation accordée aux néonicotinoïdes. « Le plan demeure une juxtaposition de mesures déjà existantes, sans financement de nouvelles actions comme la lutte contre le varroa », regrette-t-on au sein de l’interprofession.
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L’étiquetage toujours sur la table
Le rendez-vous rue de Varenne a également permis d’aborder la nécessité « d’harmoniser les règles d’étiquetage ». La généralisation de l’affichage de chaque origine avec sa pondération sera, insiste-t-on au sein de l’interprofession, un moyen de réduire la distorsion de concurrence entre conditionneurs européens. « Plusieurs États membres dont la France ont demandé à la Commission de revenir sur sa position. La question est maintenant celle de l’évaluation », estime Eric Lelong. L’interprofession s’inquiète par ailleurs de l’imposition du Nutriscore à l’échelle européenne, qui pourrait s’appliquer au miel, un produit composé principalement de sucre.
Eric Lelong a par ailleurs proposé de créer des indicateurs de prix pour le miel, qui n’est pas officiellement suivi par le réseau des nouvelles de marchés. « Sans parler d’un cours à proprement parler, il faudrait au moins une surveillance du marché pour construire ces indicateurs », espère Éric Lelong. À l’instar d’autres petites filières, les assureurs rechigneraient par ailleurs à créer des contrats d’assurances spécifiques pour l’apiculture.