En pleine crise de l’élevage, promouvoir le libre-échange peut paraître paradoxal, voire politiquement dévastateur. Le commissaire européen Phil Hogan ne pouvait donc pas faire autrement qu’assurer à Paris qu’il était « déterminé à ce que l’UE garantisse la protection des secteurs agricoles européens sensibles » dans les négociations commerciales que Bruxelles mène tous azimuts. Avec les États-Unis et le Mercosur notamment, avant, l’année prochaine, l’entrée en vigueur de l’accord avec le Canada et l’ouverture de pourparlers avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande à laquelle le Parlement européen vient de donner son feu vert. De toute façon, difficile de s’arrêter, la mondialisation ne fait pas demi-tour. Et, suivant la même orientation, la Pac est aujourd’hui libérale – « hyper libéralisée », précise même le ministre français de l’agriculture – tout comme l’est d’ailleurs la Commission européenne. C’est pour cela que la mise au point de solutions efficaces pour les secteurs du lait et du porc lors du Conseil agricole du 14 mars s’annonce très laborieuse. Dans les contributions qui leur ont été demandées en vue de ce débat, les États membres formulent une vaste gamme de propositions couvrant la gestion des marchés, le développement des débouchés extérieurs et intérieurs, le recours aux aides nationales, le soutien à la trésorerie des exploitants et la stabilisation de leur revenu. Avec, bien entendu, des connotations fortes liées au degré de libéralisme ou d’interventionnisme propre à chacun d’eux. En cela, l’échange de vues sur la régulation de la production de lait prônée par la France et d’autres sera sans doute édifiant.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.