Après les aides conditionnées aux réductions de production laitière, Stéphane Le Foll a annoncé une nouvelle batterie d’aides issues des 500 millions d’euros attribués par Bruxelles en juin dernier pour faire face à la crise laitière en Europe (49,90 M€ pour la France, enveloppe doublée par l’État). « Nous allons mettre en place une aide de 150 € par jeune bovin vendu dont le poids carcasse sera inférieur à 360 kg entre janvier et février », a annoncé Stéphane Le Foll, le 18 novembre lors d’une conférence de presse. Il s’agit, selon lui, de favoriser une diminution de la quantité de viande disponible sur le marché, afin de soutenir les prix.
Il a également annoncé une aide de 1 000 € par producteur laitier ayant intégré le Plan de soutien à l’élevage (demande d’aide) et membre d’une organisation de producteurs ou d’une coopérative. « Un versement d’acompte de 1 000 € par producteur de lait en difficulté et remplissant certains critères du règlement européen sera effectué d’ici la fin de l’année (décembre), selon une procédure simplifiée, détaille le ministère. Les producteurs concernés recevront un courrier leur indiquant qu’ils peuvent bénéficier de cette aide forfaitaire. Sans opposition de leur part, dans un délai de dix jours, le versement sera effectué ». Cela concernerait environ 23 000 exploitations (enveloppe de 23 millions d’euros).
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Pour la Confédération paysanne, les aides annoncées par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll en faveur des éleveurs de bovins viande consistent à « financer un état de crise permanent », estime le syndicat dans un communiqué paru le 21 novembre. En soutenant l’abattage de jeunes bovins de moins de 360 kg, le ministère finance « un modèle exportateur et industrialisé qui fera perdurer la crise ». Selon le syndicat, « il n’existe pas de débouchés pour ces animaux ». La Conf' prévoit que « les plus gros engraisseurs maximiseront les primes puisque le ministre n’a pas jugé bon d’instaurer un plafond, et leurs taurillons serviront uniquement de minerai, accentuant au passage la volatilité des marchés ». Le syndicat regrette que ces aides ne soient pas ciblées « en direction des plus en difficulté », à la différence du soutien aux éleveurs laitiers.