Les graves difficultés que connaît l'élevage dans l'UE résultent-elles de l'embargo russe sur les produits agroalimentaires européens, mais sont-elles aussi de nature cyclique ou structurelle ? C'est la question que vont se poser les ministres de l'agriculture des Vingt-huit lors de leur Conseil exceptionnel du 7 septembre, sur fond de manifestations syndicales. Une réunion consacrée au secteur du lait, mais aussi à celui du porc, particulièrement sensible en France. Pour l'heure, la Commission de Bruxelles, assaillie de demandes, consulte et analyse. On attend beaucoup, sans doute trop, de son responsable du dossier, Phil Hogan. Celui-ci avertit d'ores et déjà qu'« il y a des limites à ce que peut faire » l'exécutif européen, au moins pour des raisons budgétaires. Il préfère d'ailleurs parler de « défis à court terme nécessitant des réponses à court terme », plutôt que de crise. Son attention se porte surtout, à ce stade, sur les pays baltes et d'Europe centrale et orientale, en première ligne face à l'embargo russe. Le commissaire à l'agriculture ne tient pas, par contre, à dénaturer « l'orientation de la Pac vers le marché », et rechigne ainsi à relever le prix d'intervention du lait. Il évoque aussi la nécessité de réformes structurelles « dans beaucoup d'États membres », y compris des « adaptations » au sein de la chaîne d'approvisionnement alimentaire, sans citer précisément le cas du porc français. Phil Hogan se plaît plutôt, au-delà des problèmes du moment, à évoquer les « perspectives excellentes » qui s'offrent aux agriculteurs européens sur les marchés des pays tiers, grâce, notamment, aux accords de libre-échange. Un mauvais moment à passer donc....
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