Cristal Union a dévoilé ses résultats 2013/2014, marqués par un environnement mondial sucrier contrasté. Les dirigeants ont réaffirmé leur opposition à un rapprochement avec Tereos, la troisième proposition du genre en 15 ans.
Les dirigeants de Cristal Union ne veulent pas d'un mariage avec Tereos. « Nous avons les moyens d'assurer notre avenir, qu'ils respectent notre décision », a martelé Olivier de Bohan, le président de la coopérative, lors de la présentation des comptes annuels le 16 mars. Ce dernier n'a d'ailleurs pas hésité à affirmer que les betteraviers des deux coopératives auraient tout à perdre d'une telle fusion, contrant ainsi l'un des arguments déployés par Tereos, numéro un français (4,7 milliards d'euros de CA en 2013/2014) selon lequel un rapprochement entre les deux groupes ferait gagner 3 euros la tonne aux adhérents. « Avoir une filière avec deux groupes coopératifs forts, c'est bien aussi », a également affirmé Olivier de Bohan, non sans souligner qu'il s'agit de la troisième demande en mariage de Tereos en 15 ans. À noter que les deux groupes sucriers français couvrent à eux deux plus de 70 % de la production française.
Quoi qu'il en soit, Cristal Union aborde l'avenir, et notamment la fin des quotas programmée pour 2017, avec « réalisme et sérénité afin de saisir en toute indépendance toutes les opportunités de développement », a conclu Olivier de Bohan. Les 9 000 producteurs de la coopérative sont prêts à produire jusqu'à 20 % supplémentaires, de quoi « approcher 16 à 17 millions de tonnes de betteraves, contre 14 millions actuellement », a précisé Alain Commissaire, le directeur général, et améliorer ainsi sa position parmi les betteraviers européens où le leader Südzucker totalise 27,2 millions de tonnes.
BAISSE DE L'ENDETTEMENT NET
Sur l'exercice 2013/2014, Cristal Union a réalisé un chiffre d'affaires de 1,815 milliard d'euros, en baisse de 7,3 % sur l'exercice précédent, en raison d'un effet prix (baisse de 19 % des cours du sucre raffiné et de 14% sur le sucre brut), et d'un effet volume (baisse de la récolte de 3,3 % liée aux conditions climatiques défavorables). Un chiffre qui marque néanmoins la deuxième meilleure performance dans l'histoire de la coopérative.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L'EBE s'est inscrit à 224 millions d'euros, (contre 368 millions en 2012/2013) et le résultat net à 119 millions (contre 216 millions un an plus tôt). Le groupe a continué d'investir dans son outil à hauteur de 90 millions d'euros (contre 99 millions un an auparavant). Sa dette nette financière atteint 345 millions (contre 426 millions en 2012/2013), « revenant ainsi pratiquement au niveau d'avant l'acquisition de Vermandoise des Sucreries », a souligné Jean-François Javoy, le secrétaire général en charge des finances, représentant 1,4 fois l'Ebitda.
ENCORE DEUX ANNÉES DIFFICILES
Avant même le premier prévisionnel de l'exercice en cours prévu pour le 31 mars, les dirigeants ont d'ores et déjà indiqué que le résultat net de Cristal Union serait en baisse sur les deux prochains exercices. « Deux années seront nécessaires pour purger les excédents disponibles », a indiqué le directeur général.
S'il ne veulent pas entendre parler d'un rapprochement avec Tereos, les dirigeants de Cristal Union (marque Daddy) sont en revanche très satisfaits de leur alliance avec le producteur de canne à sucre American Sugar Refining, « le plus gros groupe mondial avec une production annuelle de 6,5 millions de tonnes », ont-ils précisé. La prise de participation dans l'usine de Brindisi en Italie permet de conforter la position de Cristal Union dans le raffinage sur l'ensemble du bassin méditerranéen et de couvrir l'ensemble des marchés européens. Une nouvelle raffinerie en Algérie qui devrait entrer en production mi-2015 lui ouvrira également les portes de l'Afrique où « nous réfléchissons à la manière de développer notre commercialisation sur ce continent » a précisé Alain Commissaire.