La pastille mise au point par la start-up Cryolog permet de lutter efficacement contre le gaspillage alimentaire. Elle pourrait être bientôt superposée avec la DLC sur les emballages, notamment sur les produits frais de snacking. Après les traiteurs, plusieurs industriels sont très intéressés.
Les dates limites de consommation (DLC) sur certains produits sont très courtes. Du coup, bon nombre de produits encore consommables finissent à la poubelle. Un gaspillage alimentaire qui pourra bientôt être évité grâce à la pastille intelligente TopCryo, mise au point par la société Cryolog. "Il s’agit d’une pastille micro biologique contenant un gel nutritif et des micro-organismes, et qui intègre le temps et la température, les deux facteurs fondamentaux dans la conservation alimentaire", explique Pierre Peteuil, directeur général de Cryolog. La pastille ou étiquette est verte : le produit est consommable, si elle vire au rouge, il est périmé.
Superposée avec la DLC
Si les recherches de Cryolog ces 10 dernières années trouvent toute leur raison d’être aujourd’hui dans un contexte général de lutte contre le gaspillage alimentaire, encore faut-il que la réglementation évolue. Au niveau européen, des questions se posent sur la DLC qui devraient permettre de faire évoluer le dispositif. Selon Pierre Peteuil, "le développement de la pastille se fera par étapes". Dans un premier temps en effet, celle-ci serait superposée avec la DLC sur l’emballage des produits. Une première étape que ce dernier pronostique "pour 2017/2018, avant une disparition de la DLC d’ici 3 à 5 ans". TopCryo dispose d’une autorisation de mise sur le marché par l’EFSA en tant qu’emballage actif et intelligent.
Les traiteurs ont été premiers clients de Cryolog, les industriels et surtout ceux qui travaillent sur les produits frais, comme le snacking notamment, seront les prochains. "Ils savent que nous sommes dans une révolution à tous les niveaux. Et ceux qui travaillent sans conservateur, ce qui est dans la tendance générale, ou avec des DLC très courtes, sont conscients qu’il faut avancer sur ces sujets de la conservation des aliments". Le développement de la livraison de produits frais, pousse également dans ce sens. "C’est très important économiquement pour eux, de savoir si on peut garder un produit 24h supplémentaires ". " Certains industriels intéressés se sont manifestés. Nous sommes en discussion", précise Pierre Peteuil, sans pouvoir révéler leur identité.
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Une nouvelle usine en 2019
La société, implantée à Nantes compte une soixantaine de clients, essentiellement des CHU et des traiteurs. Reprise à la barre du tribunal en 2003, Cryolog a redémarré il y a deux ans avec l’appui de Capagro, son principal actionnaire aujourd’hui (Agra Alimentation du 19 janvier 2017). Très faible en 2016, à 30 000 euros, son chiffre d’affaires "devrait être multiplié entre 5 et 10 fois en 2017", escompte Pierre Peteuil. "Nous avons de belles perspectives, la moitié de nos clients deviennent récurrents et nous venons de recruter deux chargés d’affaires en France " pour accroître le développement. Au total, l’entreprise compte 7 personnes. L’usine de Nantes a produit entre 200 et 300 000 pastilles en 2016, bien en deçà de sa capacité annuelle de 10 millions d’unités. Un niveau qui deviendra vite insuffisant compte tenu des perspectives, c’est pourquoi "la société prépare la construction d’une nouvelle usine pour 2019, permettant d’atteindre une production d’1 milliard d’étiquettes", explique le responsable.
Actuellement, Cryolog travaille avec l’école de design de Nantes sur les nouvelles tendances de consommation, afin de créer une nouvelle pastille capable de donner plus d’informations et d’être plus adaptée au consommateur. Aujourd’hui, la pastille Cryolog renseigne sur la fraîcheur d’un produit. L’objectif à terme est qu’elle puisse renseigner le consommateur lors de l’achat, sur la durée restant à courir avant la date de péremption. Une nouvelle technologie plus accessible au consommateur que Pierre Peteuil espère "à horizon 2018".