C’est avec mille et une raisons que les éleveurs et une partie des transformateurs ont demandé et obtenu un gel relatif des quotas laitiers. La baisse des prix est telle qu’il faut éviter de saturer encore plus les marchés. Mais il faut aussi prendre conscience des conséquences d’une telle politique si elle devait se prolonger : il y a plusieurs pays européens (Danemark, Pays Bas, Espagne…) qui piaffent d’impatience de pouvoir produire plus. Et non sans objectif commercial : prendre des parts de marché à ceux qui gèlent leur production, comme les Français.
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Si c’est seulement le cas des produits industriels, peu valorisés (beurre, poudre) ce n’est pas dramatique. Mais cette pugnacité commerciale s’arrête rarement aux produits de base. Naguère, les Allemands avaient fait pas mal de dégâts sur le marché français en y exportant de nouveaux types de fromages blancs et desserts de toutes sortes. Cette offensive, qui misait surtout sur le hard discount, s’est calmée depuis. Demain, ce pourrait être au tour des pays qui veulent faire exploser les quotas de nous exporter leurs produits. C’est pourquoi la filière laitière française doit prendre garde. L’équation ne se résume pas à un simple choix entre un gel des volumes ou un prix mini. Il y a certainement une solution intermédiaire qui permettrait de conserver des prix raisonnables à la production avec des volumes suffisants. C’est une question de positionnement des curseurs qui doivent pouvoir être réglés pour maintenir la pugnacité de la filière. D’autant que toutes les entreprises ne sont pas dans la situation d’un Entremont ou d’un Sodiaal. Cela, tout le monde le sait bien mais ne le dit pas trop.