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Réforme de la Pac Dacian Ciolos prêt à « discuter du rythme pour parvenir à la convergence des aides»

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Interrogé le 12 novembre par une délégation de journalistes européens, Dacian Ciolos a ouvert la voie à des négociations sur le rythme et les modalités d’assouplissement de la convergence des aides directes. La Commission européenne se pencherait favorablement, entre autres, sur l’aide supplémentaire aux premiers hectares proposée par la France. Dacian Ciolos a par ailleurs rappelé que la crise du lait de consommation en France était le fruit de mauvais choix économiques et stratégiques des entreprises, et non d’une surproduction laitière.

«Il faut qu’on ait de vraies ambitions concernant la convergence des aides » directes, a réaffirmé le commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos le 12 novembre, lors d’une rencontre avec une délégation de journalistes européens. « C’est intenable de dire qu’on va formaliser pour une nouvelle période budgétaire des références historiques qui n’ont rien à voir avec la réalité », estime-t-il. Le commissaire européen s’est néanmoins déclaré « prêt à discuter du rythme pour y parvenir ». Dacian Ciolos réfléchit également à des outils qui puissent rendre cette convergence des aides moins brutale pour certaines productions. « La France avait proposé de donner une aide supplémentaire pour les 50 premiers hectares, (…) c’est une piste à suivre », a annoncé Dacian Ciolos. Après une audition auprès des parlementaires des 27 États membres à Chypre, le commissaire européen aurait par ailleurs indiqué au député socialiste Germinal Peiro que cette prime serait optionnelle. « Chaque État membre aurait le droit de moduler les aides et ainsi d’introduire plus d’équité », a précisé l’élu français le 14 novembre, devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Seulement, comme l’a précisé Dacian Ciolos le 12 novembre, « le plafond de 50 hectares n’est peut-être pas le bon ». La modulation dans la convergence des aides pourra également passer par la « régionalisation », a-t-il rappelé par ailleurs. Un outil que le commissaire européen juge suffisamment efficace, seulement « beaucoup d’États membres ne souhaitent pas l’utiliser pour ne pas prendre de responsabilité politique et faire leur réforme interne avec les mains de la Commission européenne », accuse-t-il.

Les entreprises laitières françaises doivent prendre leurs responsabilités

Le commissaire européen est également revenu sur les craintes de certains acteurs de la filière agricole française concernant l’arrêt des quotas en 2015. Depuis plusieurs mois, de nombreux transformateurs (Sodiaal, Lactalis, Terra Lacta…) font subir des baisses de rémunérations à leurs éleveurs faute de débouchés économiques. Candia, filiale de Sodiaal spécialisée dans le lait de consommation, a annoncé la fermeture de 3 de ses usines le 8 novembre. Mais la crise du lait de consommation en France n’est pas du ressort de l’Europe, juge Dacian Ciolos. « Vendre le produit et l’adapter au marché, c’est le rôle de l’entreprise, pas de la Commission », a-t-il tranché. Les difficultés rencontrées par nombre de coopératives françaises sur ce segment ne seraient donc pas dues, selon le commissaire, à une surproduction de lait comme elles le disent, mais à de mauvais choix stratégiques. « Si les Danois, les Irlandais et les Néerlandais demandent plus de lait, c’est que le marché existe. Mais il faut aller le chercher. On ne peut pas cacher l’inefficacité d’un choix économique derrière les politiques publiques », a fustigé le commissaire européen de l’agriculture. D’ailleurs, les difficultés économiques ne touchent qu’une partie du lait français. Et « quand il y a eu la crise laitière en 2009, elle n’a visé qu’une certaine catégorie seulement de produits laitiers. Les productions de haute valeur ajoutée ont maintenu leur marché et leur prix et n’ont pas eu de problème », rappelle le commissaire européen. Et c’est pour parvenir à se réorienter vers des marchés plus porteurs que la politique agricole commune pourrait aider ces entreprises. « Le deuxième pilier permet de soutenir financièrement des restructurations, des orientations et la promotion de nouveaux produits », a en effet rappelé Dacian Ciolos.

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