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Epicerie fine/prise de participation Dalloyau contraint d’ouvrir son capital à hauteur de 50 %

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Dalloyau était la dernière grande maison d’épicerie fine familiale. Cette ère est désormais révolue. Cette institution de la gastronomie française a annoncé le 16 mars, avec Perceva Capital, l’ouverture de son capital à hauteur de 50 %. L’équipe managériale reste en place : Nadine Gavillon-Bernardé préside le conseil de surveillance aux côtés de Jean-Louis Grevet, président de Perceva Capital. Christelle Bernardé (36 ans) et Stéphane Bernardé (41 ans) prennent, comme cela avait été annoncé en décembre, la suite de leur mère et assurent la direction générale.

L’inventeur du gâteau Opéra ne s’est pas fait croquer, mais le fonds d’investissement Perceva Capital en a pris une bonne bouchée : Dalloyau lui a en effet ouvert son capital à hauteur de 50 %. Présentée comme une façon d’accélérer le développement de la maison tricentenaire, cette opération trouve sans doute aussi sa source dans les difficultés financières des derniers exercices.

Une marque mondiale
Fondée en 1682, la maison Dalloyau regroupe les métiers de pâtissier, chocolatier, cuisinier, glacier, confiseur et boulanger. Elle se distingue notamment, d’après la communiqué, par la complémentarité de ses trois activités : la réception, les boutiques et le développement international. La marque Dalloyau a généré en 2009 un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros en France, et de 65 millions d’euros dans le monde. Le groupe emploie 950 personnes dont 380 en France. Il compte 34 boutiques dans le monde, dont huit à Paris. Leader sur le marché chinois, la maison est aussi bien implantée au Japon, au Moyen-Orient et dans le Maghreb. Dalloyau table sur une croissance de 10% à l’international en 2010.
« Grâce à leurs savoir-faire combinés, la famille et Perceva Capital vont contribuer ensemble à renforcer la position unique de la maison sur le marché de la gastronomie en France et à l’international, tout en perpétuant son histoire et sa vision du monde du luxe », indique le communiqué. « Nous avons trouvé un partenaire entrepreneur qui a compris nos valeurs, nos spécificités et notre volonté de se développer à partir d’un héritage de savoir-faire exceptionnels », déclarent Christelle et Stéphane Bernardé.

Un fonds spécialisé dans le redressement
Le montant de l’opération n’a pas été révélé. Mais Jean-Louis Grevet, le président de Perceva, spécialisé dans les redressements des PME, renvoie aux transactions similaires réalisées dans le secteur. Les maisons Hédiard ou Fauchon, qui ont fait l’objet d’acquisitions, « se sont valorisées deux fois leur chiffre d’affaires. Ce qui vous donne une référence », a-t-il indiqué à l’AFP.
Comme ses rivales (Fauchon, Hédiard), Dalloyau a subi une baisse de l’ordre de 15% à 20% de son chiffre d’affaires, estimé à 100 millions d’euros, en raison de la crise. Pour y faire face et poursuivre par la même occasion son développement à l’international, la maison de luxe s’était lancée à la recherche d’un partenaire. Elle a également fait le tour de ses créanciers avant de signer avec Perceva, a fait savoir Christelle Bernadé. « Nous ne prendrons pas part à la direction du groupe. Nous allons rester un actionnaire actif », fait valoir M. Grevet.
Les fondateurs de Perceva se sont déjà illustrés dans le redressement des PME. Ce fut le cas avec le groupe Flo lors de la crise de la vache folle et avec le groupe de vins et de spiritueux Rémy Cointreau il y a une vingtaine d’années.

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