Le chiffre d’affaires consolidé de Danone s’est élevé à 3,148 milliard d’euros au premier trimestre 2005, contre 3,123 un an plus tôt sur la même période, en augmentation de 0,8 %. Pénalisé par la France, qui représente près du quart de ses ventes, le groupe remplit pour le moment de justesse ses objectifs pour l’année, avec une croissance organique de 5,1 %.
Rien de très surprenant : la France est comme prévu le boulet de Danone. Au cours du dernier trimestre, ses ventes hexagonales ont en effet chuté de 7 %. Cela n’a pas empêché le groupe de confirmer sa prévision de croissance organique de son chiffre d’affaires 2005 comprise entre 5 % et 7 %. Pour le moment, l’objectif est atteint de justesse : à périmètre et taux de changes constants, la hausse du chiffre d’affaires s’établit à 5,1 %. L’évolution des taux de change a eu un impact négatif de 1,2 % et les variations du périmètre de consolidation de 3,1 %. Sur une base comparable, la croissance du chiffre d’affaires se décompose en un effet volume de 3,9 % et un effet valeur de 1,2 %. Globalement, Danone a réalisé un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 0,8 % à 3,148 milliards d’euros contre 3,123 mds EUR l’an dernier sur la même période, alors que les analystes tablaient sur une fourchette de 3,097 à 3,137 mds EUR.
Un an à 18 mois pour redresser la situation en France
Par zone géographique, l’Europe connaît des difficultés avec une progression de 1,7 % du chiffre d’affaires, à périmètre et changes constants, alors que l’Asie enregistre une hausse de 8,4 % et le reste du monde de 15,3 %. Par pôles, les biscuits et produits céréaliers ne sont pas sortis des problèmes rencontrés au cours des derniers mois avec une hausse de seulement 1,3% contre 5,7% pour les boissons et 6,4% pour les produits laitiers frais. Ces deux derniers pôles bénéficient entre autres du dynamisme des marchés émergents. Les autres activités alimentaires, très marginales, connaissent une baisse de 3,1 %. Le gros point noir est donc bien le marché français, sclérosé par une atonie de la consommation et les accords Sarkozy de baisse des prix. Toujours pessimiste sur la situation en France et reconnaissant que le groupe rencontrait des « difficultés » en France, le directeur financier, Emmanuel Faber, a affirmé lors d’une conférence téléphonique avec des analystes qu’il faudrait de « un an à 18 mois » pour redresser la situation. Cette piètre performance, selon Emmanuel Faber, s’explique par un moins grand nombre de jours de vente (à hauteur de 1 %), l’effet de la baisse des prix suite aux accords Sarkozy (2 %) et un moindre stockage des clients de Danone (entre 3 % et 4 %). Les trois pôles du groupe sont affectés par cette baisse la seule exception étant les aliments pour bébés Blédina, la marque continuant de progresser.
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Croissance organique entre 5 et 7 % en 2005
« Sans remettre du tout en cause nos objectifs, ce lent début d’année en France accentuera fatalement le déséquilibre que nous attendions entre le premier et le deuxième trimestre », a expliqué Emmanuel Faber. Car le groupe avait prévenu que sa croissance au premier trimestre risquerait d’être inférieure aux 5 à 7 % visés sur l’année, en raison des excellents chiffres de la même période l’an passé (+ 12,8 % dans les produits laitiers et + 10,4 % dans les boissons). Mais Danone maintient ses prévisions pour l’année en cours. La croissance du bénéfice net par action (BNPA) courant devrait être de 10 % en 2005 et la progression de la marge opérationnelle courante comprise entre + 20 et + 40 points de base, selon le groupe. Concernant une éventuelle vente des sauces HP Foods, Emmanuel Faber a préféré rester discret, précisant simplement qu’une cession pourrait être envisagée « au moment opportun, au bon prix et dans de bonnes conditions ». Ces marques anglaises, qui font notamment partie des « autres activités alimentaires » du groupe, ont échappé au recentrage des activités de Danone entamé quelques années plus tôt du fait de leur forte rentabilité.