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Produits laitiers/Biscuits Acquisition Danone retrouve de l’appétit

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Danone renforce son implantation dans la zone Afrique du nord/Moyen-Orient avec le rachat d’Olait, société égyptienne qui produit depuis 2003 près du Caire des yaourts nature ou aux fruits et des desserts, et avec la création d’une joint-venture en Algérie avec son partenaire tunisien Sotubi, pour entrer sur le marché des biscuits. Ces deux opérations, dont le montant n’a pas été communiqué, s’inscrivent dans une politique d’implantation de la marque dans cette zone au fort potentiel de développement. Danone est en effet présent, via des partenariats avec des producteurs locaux, en Israël, Turquie, Arabie Saoudite, Tunisie, Maroc et Algérie.

Encore des biscuits et du lait pour Danone. Après la saga estivale où il craignait d’être au menu de l’américain Pepsico, le français passe à table. Le groupe de Franck Riboud a annoncé le 18 octobre le rachat d’une usine de produits laitiers frais en Egypte et la constitution d’une joint-venture pour produire des biscuits en Algérie avec l’un de ses partenaires locaux. Cette opération de croissance externe confirme les rumeurs qui couraient déjà depuis plusieurs semaines.

Le géant de l’agroalimentaire se porte ainsi acquéreur à 100 % de la société égyptienne Olait, spécialisée dans les produits laitiers frais (PLF), pour un montant non communiqué. Créée en 2003 par un consortium d’industriels locaux, cette jeune entreprise possède un seul site de production, situé à proximité du Caire, qui affiche une capacité de près de 25 000 tonnes. Avec ses yaourts nature ou aux fruits et ses desserts lactés (qui seront dorénavant distribués sous la marque Danone), Olait était en train de grignoter les parts de marché d’un autre géant de l’agroalimentaire, le suisse Nestlé. Olait l’égyptien, grâce à son système de distribution par livraison qui lui est propre, possède également un attrait logistique, sur un marché des produits laitiers qui représentait environ 110 000 tonnes en 2004.

Second volet de cette « opération », la création d’une joint-venture en Algérie avec le tunisien Sotubi, partenaire du français depuis 1997, « en vue de développer le marché de biscuit » indique le groupe Danone dans un communiqué. Ce dernier et Sotubi se partagent respectivement 51 % et 49 % de cette nouvelle société, qui doit investir dans les mois à venir dans la construction d’une usine à Alger. « Le management opérationnel, le savoir-faire marketing et l’expertise technologique » devraient être apportés par Danone qui s’appuiera sur « la connaissance du marché et de la distribution » du biscuitier tunisien. Le français profite de cet accord de développement pour porter sa participation à 49 % (contre 20% auparavant) dans le capital de son partenaire, leader sur le marché tunisien du biscuit avec 60% de parts de marché.

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Déjà présent dans cinq pays de la zone

Pour s’implanter rapidement dans la zone Afrique du nord/Moyen Orient, Danone poursuit sa politique de partenariat ou de reprise d’activités locales. Les 300 millions de consommateurs potentiels, en croissance de 1,7 % par an laissent en effet envisager de belle perspectives de développement. Mais il faut composer avec une forte tradition de consommation de produits « home made » des ménages, pour qui l’alimentation reste la première des dépenses. Le groupe français a choisi de « développer des produits adaptés aux besoins locaux » tout en « capitalisant sur les produits à succès », sans oublier de renforcer les systèmes de distribution existants, toujours très centrés sur les points de vente traditionnels.

Mais le groupe français n’en est pas à son banc d’essai. Son premier partenariat dans la région remonte à 1956, avec « Centrale laitière Maroc », leader marocain des PLF avec 60 % de parts de marché en valeur, et dont il possède 30 % du capital. En Egypte, Danone participe déjà à une joint-venture qui exploite une usine de biscuits. Présent également en Israël, Arabie saoudite, Tunisie ou Turquie, il indique réaliser aujourd’hui « un chiffre d’affaires économique de plus d’un milliard d’euros » dans cette zone.