Alors qu’un fonds activiste – Bluebell Capital –, entré dans le capital en fin d’année dernière, demande au groupe un changement de stratégie et le départ d’Emmanuel Faber, le p.-d.g., ce dernier a confirmé au magazine Challenges qu’il n’entendait pas changer de cap. Le groupe affaibli par la pandémie de Covid-19, a entamé ces derniers mois de profondes réorganisations, qui s’accompagneront de licenciements au niveau mondial, et a remanié sa gouvernance.
Alors qu’un fonds activiste – Bluebell Capital –, entré dans le capital en fin d’année dernière, demande au groupe un changement de stratégie et le départ d’Emmanuel Faber, le p.-d.g., ce dernier a confirmé au magazine Challenges qu’il n’entendait pas changer de cap. Le groupe affaibli par la pandémie de Covid-19, a entamé ces derniers mois de profondes réorganisations, qui s’accompagneront de licenciements au niveau mondial, et a remanié sa gouvernance.
Fragilisé ces derniers mois par la crise de la Covid-19, Danone vient de se faire rattraper par un fonds activiste. Mi-janvier, Challenge annonçait que le fonds londonien Bluebell Capital Partners était entré au capital du groupe fin 2020. Une prise de participation dont le niveau n’est pas donné, et qui s’accompagne d’une lettre adressée au conseil d’administration de Danone pour demander, en sa qualité d’actionnaire, certains changements parmi lesquels le départ d’Emmanuel Faber de son poste de p.-d.g. et une révision de la stratégie. « Il y a des gens qui ont peut-être intérêt à ce que Danone déraille. Mais cela ne me fera pas changer de cap », déclarait Emmanuel Faber dans un entretien à Challenges, réalisé avant que soit connue l’arrivée de Bluebell au capital du groupe est-il précisé.
Ce qui est certain, c’est que les annonces à répétition de Danone depuis octobre témoignent des difficultés rencontrées par le groupe, avec une division Eau fortement pénalisée par la pandémie et des marges sous pression. Mi-octobre, Danone annonçait le lancement d’une revue stratégique de son portefeuille en démarrant par l’Argentine et la marque Vega (lire ci-dessus) afin de retrouver son objectif à moyen terme, d’une croissance rentable comprise entre 3 % et 5 % de ses ventes à données comparables. Dans le même temps, on apprenait que Cécile Cabanis, directrice générale en charge des finances depuis 2015, quitterait l’entreprise en février 2021. Un mois plus tard, le groupe dévoilait un vaste plan de restructuration mondial, afin de générer 1 milliard d’euros d’économies récurrentes d’ici à 2023. Un plan qui s’accompagnait d’une réorganisation locale pouvant entraîner jusqu’à 2000 suppressions d’emplois dans le monde, dont près de 400 à 500 en France. Ce plan baptisé « Local First » s’accompagnait d’une redistribution des postes à la tête des cinq zones de business locales. Mi-décembre enfin, c’était au tour du conseil d’administration d’être remanié pour mieux accompagner le plan « Local First ». Et contre toute attente, Cécile Cabanis, donnée partante, était nommée en qualité de vice-présidente du conseil d’administration. Des signaux disparates, sinon contradictoires au niveau de la gouvernance, qui sont du pain béni pour les fonds activistes. Et les propos rassurants d’Emmanuel Faber selon lesquels « des commentateurs professionnels ont voulu voir des ruptures là où il n’y en avait pas. Il n’y a pas de désaccord entre nous », n’y changent rien.
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Les analystes dubitatifs
L’arrivée de Bluebell Capital est vue d’un très mauvais œil par les syndicats de Danone, déjà sous pression après l’annonce des réorganisations accompagnées de licenciements. Les uns demandaient à rencontrer Bruno Le Maire, les autres interpellaient le gouvernement, le sommant de « prendre ses responsabilités et garantir le maintien du potentiel industriel et des emplois du premier groupe agroalimentaire français ». Interrogé sur BFM Business, Bruno le Maire a promis le 20 janvier de rester vigilant à l’égard de Danone. « Dès lors que les entreprises touchent à la sécurité alimentaire du pays, qu’il y a des dizaines, parfois des centaines de milliers d’emplois en jeu, il est normal que l’Etat, qui est là pour veiller aux intérêts des Français, regarde ce qui se passe et ne laisse pas faire », a ainsi déclaré le ministre de l’Economie et des Finances à l’antenne.
En Bourse, l’arrivée de Bluebell a encouragé la spéculation sur le titre Danone ces derniers jours. Un titre qui affiche une baisse sur un an supérieure à 25 %, quand Nestlé perd moins de 7 % sur les 52 dernières semaines. Les analystes restent sur le qui-vive. Oddo qui reste négatif sur les actions Danone, juge la situation « à ce stade, très malsaine ». Une situation, selon l’analyste, qui « pourrait plus faire le jeu de la discorde qui transpire depuis septembre au sein du Board et du Top management dans un contexte qui ne laisse aucune place à ce type de distraction ». De son côté, UBS estime qu’un nouveau p.-d.g. serait positif du point de vue de la confiance des investisseurs. Pour autant, la banque suisse estime que les contre-performances de Danone sont davantage liées à « l’accumulation de vents contraires structurels » plutôt qu’à des « problèmes persistants d’exécution ». Pour UBS, seuls des arbitrages drastiques sur le portefeuille d’activités de Danone pourraient changer la donne.
">Cela ne me fera pas changer de cap », a déclaré Emmanuel Faber, le p.-d.g.