Les OGM sont le seul thème agricole vraiment politique du programme de la présidence luxembourgeoise de l'UE pour le second semestre de cette année. Pour le reste, ce sont des dossiers essentiellement techniques, voire technocratiques, qui vont occuper les États membres et le Parlement européen, même si leur impact sur le terrain est loin d'être négligeable : réglementation du bio, distribution de lait et fruits dans les écoles, santé animale et végétale... Les sujets délicats ou urgents, tels que les difficultés du secteur laitier ou encore les conséquences de l'embargo russe renouvelé, sont soigneusement évités par la Commission européenne. Phil Hogan préfère parler à tous vents d'instruments de financement du secteur et de simplification de la Pac, c'est moins risqué. D'ailleurs, l'organisation de l'exécutif européen lui laisse bien peu de marge de manœuvre, son président, Jean-Claude Juncker, préférant, par exemple, s'adjoindre Dacian Ciolos, le précédent commissaire à l'agriculture, comme conseiller spécial pour la sécurité alimentaire. L'actuel détenteur du portefeuille ne traite donc que les affaires courantes, ce qui ne semble pas l'indisposer outre mesure. Certes, entre le Grexit et le Brexit, l'immigration ou encore la sécurité, l'Union a d'autres préoccupations que le revenu et les marchés agricoles. Il n'en reste pas moins que l'absence actuelle – en tout cas apparente – de réflexion sur les instruments et l'avenir de la Pac laisse le secteur dans le brouillard. Un comble en ces temps de canicule.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.