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Economie De beaux fruits d'été mais des prix en baisse

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Des cerises rondes et sucrées, des abricots charnus… Cette année, les récoltes apportent de beaux fruits sur les étals. Mais si la qualité est au rendez-vous, le prix, lui, n'y est pas et les producteurs se plaignent de ne pas être assez compétitifs.

LA météo clémente a donné une belle production de fruits et légumes d'été. Un contexte très différent de l'an passé où le printemps pluvieux avait entraîné un retard de deux à trois semaines. « Cette année, le calendrier de campagne est plus traditionnel avec même quelques jours d'avance ce qui parfois perturbe les opérateurs », commente Ann-Cécile Delavallade, responsable du service études et données chez Interfel, l'interprofession des fruits et légumes frais. Il y a quelques semaines, la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) avait déploré que les pêches nectarines ne soient pas encore sur les étals.

Si la production est en augmentation à cause de la douceur des températures, les prix ne le sont pas. Globalement, pour les fruits et légumes d'été, les campagnes démarrent sur des prix faibles et il est peu probable qu'ils remontent pendant l'été. Pour les fruits, la baisse sur un an est de 17%, et de 21 % pour les légumes (source Agreste). « C'est toujours la même problématique en fruits et légumes, le coût de la main-d'oeuvre reste constant, on ne peut pas trop rogner sur les prix », commente l'économiste.

Cerise

« Certains producteurs ont arrêté la récolte car les prix sont trop bas. À un moment, ils ne peuvent plus amortir leurs frais. Les prix sont faibles, car aujourd'hui, il n'y a pas de vente suffisante pour le produit disponible », explique Ann-Cécile Delavallade. La récolte de la cerise ne dure que deux mois – la campagne s'arrêtera le 20 juillet – c'est un produit très périssable qui doit arriver très vite dans la bouche du consommateur. Par rapport à l'an passé, 30 % de volumes en plus sont commercialisés, ce qui complique la distribution (20 % de plus par rapport à la moyenne quinquennale). Les prix moyens sont inférieurs de 5 % comparés à la moyenne 2009-2013 en juin. « On observe aussi des difficultés de marché traduites par des prix très faibles au niveau de l'expédition dans un contexte de concurrence avec d'autres pays qui sont, eux aussi, avec des bases de prix assez faibles », ajoute l'économiste.

Abricot

La campagne d'abricot bat son plein, avec beaucoup de variétés. Les régions de production sont le Roussillon, la Provence et la vallée du Rhône. La commercialisation du bergeron commence cette semaine (autour du 6 juillet). Au 1er juillet 2014, la progression estimée d'abricots serait de 33 % par rapport à la faible récolte 2013 note Agreste. Par contre, les cours fléchissent. « Globalement, il y a une forte pression sur les cours mais ça c'est mieux passé la semaine dernière au niveau des flux de sortie. Il y a une forte pression sur les prix à l'export, notamment en Allemagne », commente Ann-Cécile Delavallade le 6 juillet.

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Pêche-nectarine

La pêche nectarine a atteint son pic de production. Par rapport à l'année dernière, les volumes ont très vite augmenté, 11 % de plus par rapport à 2013, « car en moins d'un mois on arrive sur les pics de production », explique l'économiste. Les récoltes ont commencé à la mi-juin avec de très gros volumes sur le marché. De fait, le basculement des pêches nectarines espagnoles à françaises a été compliqué dans les grandes surfaces. « Globalement, la production française est plutôt en recul et perd des hectares tous les ans (-2 % en un an et – 18 % en 5 ans) », argumente Ann-Cécile Delavallade. Les prix sont inférieurs de 6 % à la moyenne quinquennale.

Prune

Le prochain fruit à venir sur le marché sera la prune avec une campagne qui débutera le 20 juillet et des premières variétés assez précoces. Quant à la mirabelle française, elle sera sur les étals début août.

La FCD se mobilise pour promouvoir les fruits et légumes français

LES gros volumes de production en fruits et légumes n'arrivent pas à s'écouler vu le niveau de consommation actuel. Dans ce cadre, les enseignes de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) ont décidé « d'accentuer leur mobilisation pour favoriser la consommation de fruits et légumes d'origine France », indique un communiqué de la FCD du 10 juillet. Les pêches nectarines, les pommes de terre primeurs, les carottes primeurs, les cerises et les abricots sont les productions les touchées. La FCD rappelle que 85 % des pêches nectarines vendues dans leurs enseignes proviennent de France.