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Edito De la constance dans le désaccord

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A moins d'être arrangé, un mariage demande l'accord mutuel de deux parties. Si Tereos et Cristal Union s'accordent sur une chose, c'est bien leur constance… dans le désaccord. Pour la troisième fois en une quinzaine d'années, Cristal Union vient en effet de décliner la nouvelle proposition de mariage de Tereos, cinquième groupe sucrier mondial (12 000 coopérateurs). « Pourquoi un tel acharnement ? », a même déclaré Olivier de Bohan, un brin théâtral devant la presse lors de la présentation des résultats annuels. « Nous n'avons pas la prétention de savoir ce qui est mieux pour le groupe Tereos, qu'il respecte notre décision », a encore indiqué le patron de Cristal Union, insistant sur le fait que le groupe avait les moyens de poursuivre seul son développement après la fin des quotas sucriers. Quant à la question de savoir si la mission ministérielle annoncée en janvier visant à « travailler avec les acteurs de la filière sucrière aux perspectives du secteur après 2017 et la fin des quotas sucriers », n'a pas vocation à pousser les uns et les autres vers un tel regroupement, il n'y a qu'un pas à franchir que les dirigeants de Cristal Union se sont bien gardés de commenter plus avant.

Si la fin de non-recevoir de Cristal Union ne peut être plus claire, elle intervient après plusieurs mois d'une cour assidue de la part de Tereos. Pour défendre son projet, ce dernier soutient qu'une alliance entre les deux groupes coopératifs serait plus rémunératrice pour les betteraviers, ce que dément formellement Cristal Union.

Mais au-delà de la bataille sur les chiffres, un tel projet est avant tout un combat d'hommes. Quand bien même un tel rapprochement ferait éventuellement du sens au niveau industriel, qui des deux dynasties sucrières en place aujourd'hui serait la plus légitime à la tête de cette entité ?