Les associations de consommateurs de l’UE se félicitent des propositions de la stratégie de la Commission européenne, « De la ferme à la table », estimant qu’elles visent à rendre les aliments plus sains et plus écologiques, même si le calendrier laisse à désirer.
Le Beuc (Bureau européen des unions de consommateurs) se félicite des projets de la Commission européenne dans le cadre de sa stratégie « De la ferme à la table », qui, d’après une première réaction de sa directrice générale, « visent à orienter la production et la consommation alimentaires de l’UE vers une voie plus durable ». Monique Goyens salue le fait que la Commission « met à juste titre au centre de l’attention la nécessité d’un système alimentaire plus résistant, capable de garantir la sécurité alimentaire à tout moment ». Elle estime que cette stratégie constitue « une étape importante » sur la voie de la production et de la consommation alimentaires durables de l’UE, même si elle aurait espéré que certaines actions de suivi aient lieu plus tôt. Un exemple ? Si elle salue le fait que la Commission ait clairement indiqué qu’elle prévoit de proposer un étiquetage nutritionnel obligatoire sur le devant des emballages, pourquoi alors attendre la fin de l’année 2022 pour lancer les négociations en vue de la création d’un label européen ? Monique Goyens rappelle à ce propos que « de nombreuses études ont prouvé que “Nutri-Score” est l’étiquette que les consommateurs comprennent le mieux et que six pays de l’UE l’ont déjà approuvée ». Le projet de promouvoir « une meilleure information sur l’origine et la durabilité des aliments » est également une bonne nouvelle à ses yeux, car les consommateurs « sont avides d’en savoir plus sur ce qui se trouve dans leur assiette ». Les propositions visant à améliorer les recettes des produits alimentaires et à encourager un marketing et une publicité plus responsables sont également bien accueillies tout en regrettant qu’elles ne soient pas contraignantes, car, dit-elle, « les codes de conduite, les engagements et les autres outils d’autorégulation se sont avérés inefficaces pour faire du choix sain et durable celui qui est le plus facile pour les consommateurs ». Concernant les allégations « qui déguisent des en-cas ou des yaourts riches en sucre en options saines », la directrice générale du lobby des consommateurs affirme qu’il était grand temps que la Commission s’engage enfin à empêcher les allégations telles que « renforce le système immunitaire » et « riche en fibres » d’apparaître sur des aliments malsains. C’est, dit-elle, d’autant plus pertinent aujourd’hui que les personnes en surpoids ou obèses courent un risque plus élevé de développer des maladies telles que le diabète et le cancer, mais aussi des complications de maladies telles que le Covid -9.
Le secteur de la grande distribution attend des orientations plus claires
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Christian Verschueren, directeur général d’EuroCommerce, le lobby du commerce de gros et de détail de l’UE, a lui aussi fait ses premiers commentaires sur le lancement de la stratégie européenne « De la ferme à la table ». Il estime que la Commission a identifié « à juste titre les consommateurs, et leurs choix, comme le point de départ de la stratégie ». La crise sanitaire actuelle, a-t-il indiqué, a accéléré la demande d’aliments sains et durables et il espère que cette tendance se poursuivra à l’avenir. Pour le patron d’EuroCommerce, en tout cas, la stratégie « de la ferme à la table » créera « un cadre important pour les nombreuses initiatives volontaires prises par notre secteur. Les détaillants et les grossistes peuvent aider les produits durables à passer des marchés de niche aux marchés traditionnels, en s’engageant dans la promotion de régimes alimentaires sains par l’information des consommateurs, la reformulation, la promotion des produits biologiques et la lutte contre les déchets alimentaires ». En revanche, concernant l’étiquetage des produits alimentaires, le secteur de la distribution dit attendre de la stratégie de la Commission « une approche plus harmonisée et plus scientifique, qui fait actuellement défaut dans des domaines tels que l’étiquetage sur le devant des emballages, l’étiquetage d’origine, la gestion des déchets, les dons de denrées alimentaires, pour n’en citer que quelques-uns ». Pour faciliter la prise d’engagements en matière de durabilité, a souligné Christian Verschueren, « nous attendons avec impatience des orientations plus précises en matière de coopération dans le cadre du droit de la concurrence dans l’UE, actuellement en cours de révision dans les services de la Commission européenne ».