« Une des inquiétudes majeures est la possibilité que l’ensemble du système d’aide alimentaire d’urgence soit incapable de faire face », prévient l’ONU dans un récent document de travail. La hausse des prix, qui pourrait se révéler non pas passagère mais « structurelle », risque de plonger dans l’« insécurité alimentaire » des millions de personnes.
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Et la communauté humanitaire manquera de moyens et d’expertise pour leur porter secours. Parmi les défis qui attendent l’ONU et qui ne doivent pas être sous-estimés, figure aussi le durcissement de crises locales causé par des « émeutes de la faim », comme celles qui ont secoué l’Egypte, la Mauritanie, le Mexique, le Maroc, la Bolivie, le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie… Selon une agence de l’ONU, le Fida (Fonds international de développement agricole), pour chaque augmentation de 1 % du prix des denrées de base, 16 millions de personnes supplémentaires sont plongées dans l’insécurité alimentaire. De son côté, la Banque Mondiale a réclamé un « New Deal alimentaire » et le directeur général de la FAO a estimé qu’un plan massif de distribution de semences et de fertilisants est indispensable à court terme pour éviter que n’éclatent des émeutes de la faim. Selon lui, les trois raisons principales de la hausse des prix des céréales sont le changement climatique, la baisse des stocks, la demande de l’Inde et de la Chine. À quoi il ajoute la spéculation internationale et la demande pour les biocarburants.