Il y a urgence à amplifier les restructurations industrielles. C’est le constat du rapport de la filière laitière commandé par le ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, et rendu public le 10 février lors de la table ronde laitière. Reste à convenir d’une stratégie. L’audit de la filière lance plusieurs pistes.
Quatre défis sont à relever pour les industriels laitiers. Tel est le constat du rapport sur la filière laitière rendu public le 10 février. Sur le plan des productions, trois pistes sont évoquées. Il s’agit de « reconvertir une proportion significative de litres de lait vers les segments des PGC (produits de grande de consommation) ; de réduire le segment beurre poudre à 15 % par rapport à la situation actuelle (30 %) et d’accroître la production de produits à haute valeur ajoutée. Sur le plan des structures de transformation, l’enjeu est « de rechercher la taille critique face à la concentration des acheteurs et des groupes européens ». « Le modèle industriel français idéal serait centré sur 4 à 5 groupes contrôlant 80 % du lait, les 20 % restant étant contrôlés par des entreprises de niche sur des produits spécifiques ». Cette définition du modèle « idéal » français a été évoquée lors des entretiens menés par les auditeurs de la filière laitière précise ce rapport du Coperci (Comité permanent de coordination des inspections).
Urgence
Il ne fait aucun doute pour les rapporteurs que « l’accélération de la restructuration et de la concentration des outils industriels est une nécessité pour améliorer la compétitivité de la filière ». En clair, il y a « urgence » . Selon l’interprofession laitière (Cniel) le secteur industriel français est reconnu comme étant en « situation vulnérable » par rapport aux pays du Nord de l’Europe, des États-Unis ou de la Nouvelle Zélande. Différentes stratégies sont évoquées : réduction des coûts d’approvisionnements, diversification ou spécialisation, reconversion vers les produits de grande consommation. Réduire les coûts d’approvisionnements est la « réaction première » des opérateurs industriels. La question toujours d’actualité est : « A quel niveau fixer cette baisse sans remettre en cause la viabilité économique des exploitations ?». En 2003, 115 000 producteurs livrent à l’industrie laitière. Ils étaient 200 000 il y dix ans. Chaque année 5 % des exploitations disparaissent : « Il s’agit du plus fort taux de départ sur l’ensemble des exploitations agricoles françaises ». En prolongeant le rythme des disparitions on aboutit à une prévision de l’ordre de 75 000 exploitations laitières en 2010 Cette « véritable restructuration a trois raisons » : la transition démographique, le phénomène sociétaire et la conjoncture laitière (10 % des départs).
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Le rapport note que «la filière a entrepris depuis plusieurs années des efforts considérables pour accroître sa compétitivité» grâce à des fusions, alliances, rachats, partenariats... Toutefois, «la filière française présente cependant une spécificité liée à la multiplicité des territoires, des systèmes de production, des traditions fromagères ou beurrières». « Le temps passe vite et les premiers restructurés resteront dans la compétition», prévient le rapport.