Le chocolatier De Neuville, filiale de Savencia, prévoit un très fort impact du confinement sur ses ventes de chocolats pour les fêtes de Pâques qui représentent entre 15 à 20 % de son activité annuelle. Moins de la moitié des magasins sont ouverts à la veille de la fête.
Chaque année, Pâques est un moment important pour les ventes de chocolat en France. Selon le Syndicat du chocolat, les ventes réalisées à l’occasion de cette fête représentent 4,4 % des ventes annuelles, celles-ci ayant atteint en 2018, 333 000 tonnes et représentant 2,99 milliards d’euros.
Mais cette période de l’année est bien plus importante pour certains chocolatiers. De Neuville, qui a vendu pour 35 millions d’euros de chocolats et confiseries en 2019 par l’intermédiaire de ses 150 boutiques en France, réalise ainsi 15 à 20 % de son chiffre d’affaires annuel dans les semaines qui précèdent Pâques. « Tous les chocolats de Pâques arrivent en magasins un mois avant, date qui a coïncidé cette année avec le début du confinement », raconte Gilles Gommendy, le directeur général de De Neuville (qui appartient à Savencia Gourmet, comme Révillon, qui lui fournit les chocolats). « Les ventes qui s’étaient bien comportées en janvier et février ont connu un arrêt brutal mi-mars puisque nos magasins ont tous fermé », poursuit-il. Des instructions peu claires sur la définition des magasins alimentaires de première nécessité et l’enjeu de la sécurité sanitaire des gérants et des clients ont amené les magasins à tirer le rideau au début du confinement.
Toutefois, certains magasins ont ensuite rouvert. À la veille du week-end pascal, De Neuville estime ainsi qu’environ 65 magasins accueillent les clients. « Mais ceux-ci sont peu nombreux : nous constatons un flux de 20 % comparé à la fréquentation habituelle de cette période », explique Gilles Gommendy. Habituellement, l’essentiel des ventes de Pâques se fait la semaine précédant la fête.
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Explosion des ventes en ligne
Depuis la mi-mars, l’enseigne a constaté un très fort trafic de ses commandes en ligne, mais ce canal a aussi montré ses limites face à très grand afflux de clients. Certains jours, le site a reçu jusqu’à 20 fois plus de commandes qu’à la même période de 2019. Les stocks pour les expéditions n’étaient pas vraiment adaptés et les livraisons sont plus lentes du fait d’une prestation limitée offerte par Colissimo ou Chronopost en ce moment. Et De Neuville ne pratique pas le click ans collect.
Réseau constitué à 90 % de franchisés, De Neuville tente d’assister ses commerçants face à la chute du chiffre d’affaires. « Nous demandons aux bailleurs des annulations de loyers », assure Gilles Gommendy, puisque le paiement du loyer est lié au chiffre d’affaires. De son côté, l’enseigne assiste les franchisés pour bénéficier des aides de l’État, pour communiquer avec les clients, pour aménager les boutiques et équiper les collaborateurs de matériel. De Neuville réfléchit aussi à proposer aux franchisés des facilités pour régler les invendus de Pâques.