Pour 2009, la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF), réunie en congrès le 28 janvier à Paris, espère mener à bien « de nombreux projets » d’action en direction des consommateurs, a indiqué son président Bruno Dupont, dans son discours au ministre de l’Agriculture. La question de l’accessibilité des fruits frais aux consommateurs, ainsi que celle des phytosanitaires interdits en France mais autorisés ailleurs, font partie des dossiers que la FNPF compte « faire aboutir » cette année.
Bruno Dupont, président de la FNPF, a indiqué lors de son congrès le 28 janvier à Michel Barnier qu’il espère mener à bien en 2009 « de nombreux projets » en direction des consommateurs pour accroître la consommation de fruits frais, en régression depuis plusieurs années. La question de l’accessibilité des fruits frais aux consommateurs, ainsi que le sujet sensible des phytosanitaires interdits en France mais autorisés ailleurs, font partie des dossiers que la FNPF compte « faire aboutir ».
Vers de nouveaux modes de distribution
Les producteurs veulent améliorer la consommation de fruits frais, qui a régressé de 12% entre 1997 et 2005, surtout chez les jeunes générations, qui en consomment quatre fois moins que leurs grands-parents. Un volet important du programme de la FNPF pour 2009 est la mise en œuvre de nombreux projets d’action en direction des consommateurs : nouveaux modes de distribution, double affichage des prix, multiplication de réunions entre producteurs et consommateurs, etc.
Dans son rapport d’orientation, la FNPF reprend et « croit fortement » à des « projets multiples » d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais. Le rapport cite de nouveaux modes de distribution (triporteurs permettant d’aller au devant des consommateurs, kiosques à fruits et légumes frais sur des lieux de fort trafic piétonnier), ainsi qu’une « nouvelle perception de la valeur » des fruits frais par le consommateur via la vente à l’unité.
Renverser la perception des prix
Cette nouvelle perception pourrait se concrétiser par le double affichage du prix (au kilo et à la pièce) et par la création d’espaces de snacking dans certains magasins de la distribution non spécialisée. Parallèlement, Interfel prépare une campagne pour expliquer aux consommateurs que les fruits et légumes frais font partie des produits alimentaires les moins chers. « Le prix moyen des fruits et légumes d’une assiette est de 1,90 euro le kilo, et compte pour la moitié de l’assiette. Pour l’autre moitié de l’assiette, les autres produits reviennent à 10-15 euros le kilo », a affirmé Jean Sales, ancien président de la Fédération nationale des producteurs de légumes.
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Par ailleurs, la FNPF appuie la demande des détaillants de pouvoir vendre des fruits et légumes frais contre des tickets restaurant ainsi que la vente à l’unité, et déplore que ces projets soient freinés par des contraintes législatives. Celles-ci « doivent être levées rapidement ».
Michel Barnier soutient le projet d’un identifiant pour les fruits français
La fédération des producteurs de fruits envisage aussi de créer un réseau de producteurs prêts à accueillir des leaders d’opinion et des groupes scolaires, dans des cadres existants, comme les Fermes pédagogiques, les Fermes ouvertes, le réseau Bienvenue à la ferme. « Le producteur est le meilleur commercial » pour expliquer ses produits et ses contraintes. Des réunions « doivent être organisées » entre des producteurs et des élus politiques. La FNPF envisage aussi d’ouvrir un site web pour que les consommateurs connaissent mieux les producteurs et leurs contraintes, et les producteurs les attentes et les réactions des consommateurs.
Lors de ce congrès, le ministre Michel Barnier a affirmé son soutien au projet d’un identifiant pour les fruits français. S’il n’a pas donné de précision sur le montant financier qui sera consacré par les pouvoirs publics à cette opération, cette réponse affirmative du ministre était vivement attendue par le président de la FNPF. Ce projet consiste à distinguer, par un signe de reconnaissance, les productions fruitières de France, ou du moins les productions réalisées avec le même contenu social et environnemental. Ce projet devrait entrer en vitesse de croisière en 2009, avec les expérimentations dans des zones pilotes de commercialisation, mais n’aboutira qu’en 2010.