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Viticulture De nouveau une faible vendange en 2008

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Partout en France, comme l’année dernière, la vendange en 2008 devrait se situer en dessous de la moyenne quinquennale. Les arrachages définitifs dans le Languedoc-Roussillon et les mauvaises conditions climatiques du début d’année expliquent ces premiers résultats. Les estimations évaluent la production aux alentours de 46 millions d’hectolitres, mais la récolte finale sera fortement tributaire de la météorologie du mois d’août.

Selon les modes de calcul, la vendange 2008 devrait être équivalente voire inférieure à celle de 2007qui était déjà faible. Quoi qu’il en soit, elle sera inférieure de 8 à 12 % par rapport la moyenne des cinq dernières années. Viniflhor estime – au 22 juillet – le potentiel de récolte à 45,8 millions d’hectolitres soit 1,5% en deçà de l’année précédente et 12% sous la moyenne quinquennale. Selon les premières données, établies par le service de la statistique et de la prospective (SSP) au 1 er juillet, la production s’élèverait à 47,1 millions d’hL (1% au-dessus de 2007 et 8% en dessous de la moyenne quinquennale).

Des stocks inférieurs à la moyenne

Le volume de vins de qualité produits dans des régions déterminées (VQPRD, qui englobent AOC et VDQS) oscillerait entre 22 et 23,7 millions d’hL (-4 à +3% par rapport à 2007). Les vins de pays s’établiraient aux alentours de 13,7 millions d’hL, les cognacs à 6,5 millions (niveaux équivalents à 2007) et les autres vins entre 5 et 6 millions. Un certain nombre de paramètres défavorables expliquent ces prévisions : un hiver trop doux qui n’a pas permis d’assurer le repos de la vigne, des épisodes de gel, et des maladies (mildiou, oïdium) à cause des mois d’avril et mai très humides. Ces chiffres sont néanmoins à relativiser au vu de l’instabilité actuelle du climat et les résultats finaux dépendront largement de la météorologie du mois d’août. Reste que la campagne 2008/2009 démarre avec des disponibilités réduites, car à ces faibles prévisions s’ajoute un niveau de stock bas de 35 millions d’hL soit 5% inférieur à la moyenne.

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Un printemps humide qui favorise l’apparition de mildiou

C’est le bassin de production du Val de Loire qui semble enregistrer la plus importante baisse de récolte, autour de 3 millions d’hL au lieu de 3,5 en général. La situation y est contrastée selon les vignobles. Le gel a frappé début avril le Muscadet et la grêle a endommagé des vignes dans le Sancerrois fin juin. Mais partout l’humidité du printemps a engendré une forte pression de mildiou. Dans le Beaujolais et en Bourgogne, la vendange avoisinerait les 2,7 millions d’hL comme en 2007. En Alsace, une récolte conforme à la moyenne de 1,2 million d’hL est à prévoir malgré un phénomène de coulure sur le muscat et le gewürztraminer. Le Bordelais devrait produire quelque 6 millions d’hL (en hausse de 6% par rapport à 2007).

10 000 ha arrachés en Languedoc-Roussillon

Pour les régions PACA et Rhône-Alpes, le potentiel de production est estimé à la même hauteur qu’en 2007, qui a été parmi les plus faibles récoltes des dernières années (respectivement 4,5 et 2,6 millions d’hL), du fait d’une importante pression du mildiou et de coup de froid au printemps. C’est sensiblement la même situation dans le Languedoc-Roussillon avec une récolte attendue de 14,7 millions d’hL très légèrement supérieure à 2007. Dans ce cas, ce ne sont pas les conditions climatiques qui doivent être mises en cause mais plutôt les campagnes d’arrachage définitif qui ont amputé le vignoble de 10 000 ha.