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Réforme de la Pac De nouveaux critères nécessaires pour la répartition des aides directes

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Lors du lancement, le 12 avril, du débat public sur l’agriculture de demain (1), Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, a indiqué aux journalistes que la réforme de la Pac après 2013 devait notamment déboucher sur un réequilibrage des aides directes. Ces aides, a-t-il expliqué, doivent être utilisées de « la manière la plus efficace possible ». Le commissaire a, par ailleurs, défendu la nécessité de maintenir des instruments de soutien pour intervenir durant les périodes de crise.

Pour M. Ciolos, il faudra procéder à « un réequilibrage des aides entre différents systèmes agricoles, entre différentes régions, entre les Etats, entre pays, entre différentes catégories d’agriculteurs ». Une chose est sûre : la référence historique de 2000-2002 « n’a plus sa place » dans les objectifs qu’il faudra assigner à la Pac pour l’avenir, a souligné M. Ciolos. Avant de parler de la manière dont doivent être distribués les paiements directs, a poursuivi le commissaire, « il faut définir ce qu’on attend des agriculteurs en échange de ces aides ». Car il y a, selon lui, « une obligation de résultats » « Il faut utiliser ces aides de la manière la plus efficace possible pour que, d’une part, elles jouent leur rôle de revenu minimal en faveur des exploitants, et que, d’autre part, elles encouragent les agriculteurs à produire des biens publics pour la société (biens liés à l’environnement, à la qualité et à la diversité des produits ou à caractère social) », a-t-il expliqué.

Trouver une voie du juste milieu
Par ailleurs, M. Ciolos a souligné la nécessité pour l’UE d’avoir à sa disposition des instruments de soutien à activer en période de crise. L’an passé, a-t-il rappelé, à une baisse de la consommation de produits alimentaires s'est superposé un phénomène de volatilité importante des prix, ce qui peut affecter de manière irrémédiable et structurelle les revenus des agriculteurs. Le temps est venu, a-t-il expliqué, de mettre en avant les arguments selon lesquels « une politique publique a un rôle plus important que jamais » pour répondre à une situation de crise. Dans une situation normale de concurrence, a poursuivi le commissaire, « l'offre s'ajuste à la demande » mais, dans une situation de crise, « le marché ne peut plus jouer de manière naturelle et transparente » ce rôle d'ajustement. La chute des revenus et de la demande, ainsi que la volatilité des prix peuvent avoir pour effet d'« affecter de manière irrémédiable certains secteurs agricoles » et même mener à « la disparition de l'agriculture dans des régions entières », a-t-il prévenu. « La Pac a fonctionné pendant des décennies comme une politique très interventionniste sur des marchés très contrôlés, puis on est passé ensuite à un processus accéléré de libéralisation. Maintenant, il faut trouver une voie du juste milieu », a expliqué le commissaire. « Le manque d'intervention peut nous coûter beaucoup plus cher à moyen et long terme que ce que peut coûter une intervention ponctuelle et raisonnée à un moment donné », a-t-il affirmé.

(1) Voir même numéro

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