Filière d’avenir pour l’industrie française, rôle prédominant pour la COP21… la forêt française est « chouchoutée » par l’Etat. Le 27 octobre, la filière forêt-bois soutenue par le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a proposé de nouveaux leviers de financement pour optimiser la gestion de la ressource.
« La forêt et le bois sont une opportunité pour les investisseurs », a déclaré Cyril Le Picard, président de France Forêt Bois (interprofession), lors d’une conférence de presse à Paris, le 27 septembre. À quelques semaines de la COP21 qui doit se tenir à Paris du 30 novembre au 11 décembre, les experts se saisissent de l’occasion pour présenter leurs travaux sur les nouveaux financements de la filière. « La forêt a été longuement financée par les circuits familiaux et l’État. Ce mode de financement n’est plus adapté », a expliqué Pierre Achard, président de l’Asffor (Association des sociétés et groupements fonciers et forestiers). En termes de financement, la Cour des comptes rappelait en 2014 que les soutiens financiers aux différents maillons de la filière s’élevaient à 910 millions d’euros par an. Mais cette somme ne permet pas de couvrir tous les besoins. « Rien que pour replanter, nous enregistrons un déficit de 150 millions d’euros chaque année », déplore Pierre Achard.
Les assureurs, financeurs potentiels
« Nous avons besoin de nouveaux investissements », renchérit Luc Charmasson, président de FBIE (France Bois Industries Entreprises). L’idée de la filière est donc d’attirer de nouveaux investissements. Il s’agirait de « créer un nouveau produit d’appels à l’épargne. […] Les compagnies d’assurances ont très peu de forêt dans leur patrimoine », développe-t-il. Ces capitaux destinés à l’intensification de la gestion forestière devraient alors « bénéficier de la fiscalité dont bénéficient les particuliers en forêt », lit-on dans le rapport rendu public par la filière le 27 octobre. Autre levier financier : le financement participatif. La filière propose de constituer un fonds associatif en vue de « transformer les peuplements qui ne seront pas adaptés au climat de demain ». Pour l’abonder seraient utilisés le « crowdfunding » et l'« épargne solidaire ». Par ailleurs, la filière propose de développer, pour les particuliers, les groupements forestiers d’investissement (GFI).
En France, 25 % de la forêt est détenue par l’État et les collectivités territoriales. 75 % sont des forêts privées.
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Ce mécanisme fonctionne déjà, mais la filière appelle à la mise en place de compléments législatifs et réglementaires. « Ces démarches se font en étroite relation avec l’AMF (autorité des marchés financiers) et devraient aboutir en 2016 », selon le rapport de la filière. Enfin, cette dernière veut même imaginer de nouvelles formes de détention de la forêt : « Il pourrait être envisagé un fonds d’acquisition de massifs à reboiser ou à reconstituer, financé à parts égales entre des apports (particuliers, institutionnels, caisse de retraite ou établissement financier) et des prêts. » Mais ce levier est encore à l’étude et d’autres sujets méritent d’être approfondis, notamment les droits et les obligations de l’opérateur, le montant du loyer, etc.
Au-delà du financement, la filière et l’État semblent aux petits soins pour la forêt française. Le 5 novembre prochain, quatre ministres (Agriculture, Écologie, Économie, Logement) se réuniront au Cese (conseil économique social et environnemental) au cours d’une grande réunion sur le rôle de la forêt française dans les années à venir.
Un rapport sur l’innovation à l’horizon 2025-2030 attendu pour début 2016
Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé, le 27 octobre, qu’un rapport sur l’innovation dans la filière forêt-bois à l’horizon 2025-2030 serait présenté avant le salon de l’agriculture de 2016. « Cela a été fait en agriculture, on va faire la même chose pour la forêt », a-t-il commenté. Plusieurs axes ont été déterminés : les techniques et les méthodes d’exploitation, les modes de financement, la mise en marché (contractualisation…). L’objectif est de développer une sylviculture « durable ».