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Fruits et légumes De nouveaux modes de commercialisation à côté des GMS

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De nouveaux modes de commercialisation des fruits et légumes sont en train de se développer en Europe à côté des grandes et moyennes surfaces (GMS). Des exemples ont été montrés lors des derniers Entretiens de Rungis. Cette manifestation, organisée le 24 septembre par l’Union mondiale des marchés de gros (WUWM), a fait état d’une diversification des canaux de distribution : magasins de proximité, magasins spécialisés, essor des détaillants. Une évolution qui offre plus de choix d’écoulement à l’amont pour ses productions.

Face aux GMS, notamment aux hypermarchés, de nouveaux modes de commercialisation se développent, a souligné Pierre Blezat, patron de Blezat Consulting, présentant son étude sur « le nouveau visage de la distribution de produits frais », le 24 septembre à l’occasion du congrès de l’Union mondiale des marchés de gros.

Des formats plus réduits, adaptés à la densité urbaine
De nouvelles formules, à formats plus réduits que les hypers et adaptés à la densité urbaine, ont notamment émergé en France ces trois ou quatre dernières années.
D’autres sont développées par de grandes enseignes : « Carrefour City » et « Les halles d’Auchan », l’enseigne hard discount d’Auchan pour les fruits et légumes. Parallèlement, se poursuit l’expansion des circuits alternatifs, qui mettent en avant la proximité des producteurs et des consommateurs (4 à 5% de part de marché des fruits et légumes) tels « Les fermes réunies », et les surfaces spécialisées (3 à 4%) comme « Grand Frais ». Cette chaîne a été constituée il y a moins de dix ans par un grossiste en fruits et légumes.

Les détaillants vers une offre plus spécifique
Le commerce de détail pour les fruits et légumes a progressé de 13% en 2008, a souligné Sandrine Choux, directrice générale de l’Union nationale des fruitiers détaillants (UNFD). Les détaillants comptent poursuivre cette reprise, en modifiant leur mode d’approvisionnement auprès des grossistes, a-t-elle ajouté. Ces derniers ont tendance à aligner leur offre aux détaillants sur celle qu’ils destinent aux GMS. Les détaillants souhaitent bénéficier d’une offre plus spécifique à leur clientèle. Ils ont pour projet en 2010 de demander des cahiers des charges à leurs fournisseurs grossistes.
Quant aux marchés forains, ils « réinvestissent dans les centre-villes », bénéficiant du soutien des politiques de revitalisation par les élus locaux. Ils mettent aussi en avant un argument « prix » (inférieurs de 10% au prix des GMS), a indiqué Pierre Blezat.
Des circuits alternatifs embryonnaires comme l’e-commerce, qui ne représente encore que 2%, sont en progression, selon l’étude.
Enfin, l’économie solidaire commence à proposer un nouveau type d’offres. Guillaume Bapst, directeur de l’Association nationale du développement des épiceries solidaires (Andes), a indiqué que son réseau, jusque-là surtout présent en Ile-de-France, est en train de constituer un nouveau pôle dans l’agglomération marseillaise.

Très forte segmentation des marchés en Grande-Bretagne
L’étude de Blezat Consulting a livré à l’auditoire de directeurs de marchés de gros du monde entier, réunis à Rungis, un éclairage sur la diversification des modes de commercialisation dans plusieurs pays, principalement la Grande-Bretagne, où se pratique une très forte segmentation des marchés. Les gammes sont très différenciées : fruits et légumes premium, différenciation par variétés et calibres, produits de quatrième gamme (fruits ou légumes pré-découpés). Il existe aussi une « hypersegmentation » selon les niches de consommation : labels de qualités, produits bio, commerce équitable, labels de proximité (avec affichage des « food miles », autrement dit de la distance parcourue depuis la production).

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