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Embargo russe De nouvelles mesures de soutien réclamées à Bruxelles

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Des mesures supplémentaires de soutien sont réclamées par les États membres face à l'embargo russe, dans les secteurs du porc, du lait et des fruits et légumes. La Commission européenne a annoncé une aide spécifique pour les producteurs de lait finlandais.

La réunion des 15 et 16 décembre des ministres de l'agriculture des Vingt-huit sera l'occasion pour plusieurs États membres de demander à la Commission européenne des mesures supplémentaires de soutien pour faire face aux conséquences de l'embargo russe sur les produits agroalimentaires de l'UE (1). Une aide pour les producteurs de lait finlandais, analogue à celle déjà octroyée à leurs homologues baltes, a d'ores et déjà été décidée par Bruxelles.

Près de 11 millions € octroyés aux producteurs de lait finlandais

Le commissaire à l'agriculture Phil Hogan a annoncé le 10 décembre que la Commission européenne allait débloquer 10,7 millions € pour venir en aide aux producteurs de lait finlandais touchés par l'embargo russe. Le montant de cette aide est basé sur le niveau de production de lait de la Finlande en 2013/2014 et sur la baisse des prix observée dans le pays depuis le début des restrictions imposées par Moscou.

Le gouvernement finlandais sera également autorisé à compléter une aide nationale (de 22,5 millions €) pour la verser également aux producteurs du sud du pays qui n'ont pas encore bénéficié de ce soutien. Lors d'une interview accordée à la télévision finlandaise, le commissaire européen a souligné que les données apportées par la Finlande à Bruxelles sur les prix du lait étaient « désormais beaucoup plus claires » et qu'au regard de ces chiffres, il était « justifié » de venir en aide à cet État membre.

Cette proposition devait être validée par les experts des États membres des Vingt-huit le 11 décembre. Un plan d'aides compensatoires de l'UE de 28 millions € a déjà été accordé, pour les mêmes raisons, aux producteurs laitiers des pays baltes (2).

Demandes de la Pologne pour le lait et les fruits et légumes

Le Conseil agricole de l'UE sera saisi les 15 et 16 décembre de deux demandes de la Pologne liées à l'embargo russe.

Cet État membre réclame la mise en place d'un programme d'aide au revenu de ses producteurs de fruits – en particulier de pommes (3). Il souhaite un dispositif d'aides compensatoires sur le modèle de ce qui a été mis en place pour les producteurs laitiers des pays baltes, et maintenant finlandais.

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Par ailleurs, la Pologne juge que les mesures générales déjà prises pour le secteur du lait (aide au stockage privé, extension de l'intervention publique) « n'ont pas réussi à améliorer la situation difficile du marché et à éliminer les effets négatifs de l'embargo russe ». Les baisses de prix qui en résultent interviennent « au stade final de la suppression du système des quotas laitiers », qui est « accompagnée de mesures d'atterrissage en douceur certainement insuffisantes », fait-elle valoir, estimant que, dans ce contexte, « la minimisation des charges financières liées au prélèvement pour dépassement des quotas est une solution ».

Varsovie réclame donc une nouvelle fois un ajustement des coefficients de teneur en matière grasse du lait, jugeant également nécessaire d'autoriser le paiement de ce prélèvement en plusieurs tranches sans intérêt pour la campagne 2014/2015.

... et de plusieurs États membres pour la viande porcine

Lors de cette dernière réunion de l'année des ministres de l'agriculture de l'UE, la Belgique, le Danemark, l'Irlande, la France, la Hongrie, la Pologne et la Roumanie, soutenus par l'Autriche et l'Estonie, demanderont à la Commission de Bruxelles d'actionner le régime d'aide au stockage privé pour « alléger la situation du marché de la viande porcine en Europe jusqu'à ce que des débouchés alternatifs puissent être trouvés », compte tenu de la fermeture du marché russe.

Ces États membres précisent que la situation du secteur a « atteint un seuil critique » du fait des restrictions à l'importation imposées par Moscou en février 2014 puis de l'embargo décrété en août. Ils soulignent que 3,3 % de la production de porc de l'UE étaient habituellement exportés vers la Russie et que les prix de cette viande se situent maintenant « bien en dessous de ceux de l'année dernière et de la moyenne sur cinq ans ».

(1) Voir même numéro

(2) Voir n° 3472 du 24/11/2014

(3) Voir n° 3474 du 08/12/14