Les travaux pour mettre en place des normes ISO (organisation internationale de normalisation) sur le miel ont débuté les 27 et 28 avril lors d’une réunion à Paris. Ces normes sont attendues alors que le commerce international de miel explose et à l’heure où des anomalies de composition sont montrées du doigt.
« Les travaux sur des normes ISO (organisation internationale de normalisation) sur le miel commencent à peine », nous explique Sandrine Espeillac, secrétaire générale du comité ISO alimentaire. Les 27 et 28 avril se tenait à Paris une réunion sur la normalisation, notamment des produits apicoles. Sur le miel, la Chine est motrice pour commencer le travail sur des normes internationales. D’autres pays souhaitent participer aux futurs travaux : la France, l’Argentine, l’Inde, l’Allemagne, la Hongrie et le Royaume-Uni.
Des années de travaux
Pour aboutir à un consensus, cela peut prendre des années. Cécile Ferrus de l’Itsap (institut technique de l’apiculture) confirme : « Le cahier des charges sur la gelée royale a été publié en septembre. Cela a pris huit ans. » Pour le miel, ce n’est pas tout à fait le même environnement. « Il y a quelques définitions, celle de la directive européenne ou à l’échelle internationale, celle du Codex alimentarius par exemple », poursuit Sandrine Espeillac qui suppose que les travaux pourraient commencer par s’appuyer sur cette définition. Pour harmoniser les normes sur le miel, plusieurs points seront discutés : alimentation des abeilles, composition du miel, méthodes d’analyse.
Un commerce en pleine expansion
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L’enjeu est de taille, alors que le commerce du miel explose. Selon le professeur Norberto Garcia Girou qui intervenait lors du congrès mondial de l’apiculture à Clermont-Ferrand en automne, les exportations mondiales de miel ont progressé de 61 % entre 2007 et 2015. La progression est exceptionnelle pour de nombreux pays apicoles. Par exemple, la Chine exportait 64 000 tonnes de miel en 2007 et 144 756 tonnes en 2015 et l’Inde passe de 4 700 tonnes exportées à 40 800 tonnes.
Des anomalies de composition
Face à un commerce de plus en plus actif, l’Unaf alerte sur les risques d’adultération du miel. Les derniers tests menés par l’Union européenne en décembre 2015 sont inquiétants. 32 % des miels analysés présentaient une non-conformité soupçonnée ou avérée. 6 % avaient été dilués avec du sirop de sucre et 11 % avaient possiblement subi le même traitement. En France, le plus gros conditionneur de miel, la famille Michaud, a investi volontairement en 2016 dans la RMN (résonance magnétique nucléaire) pour détecter les anomalies. « Cela nous a coûté deux millions d’euros […] Nous souhaiterions devenir laboratoire de référence », développe l’entreprise.
Les exportations mondiales de miel ont augmenté de 61 % entre 2007 et 2015 (Unaf).