Le pôle de compétitivité « Industries et Agro-Ressources » (IAR) des régions Champagne-Ardenne et Picardie, et la province de l’Ontario du Canada viennent de conclure un accord préliminaire de coopération en recherche et développement des bio-produits pour quatre projets.
Dans le premier projet, l’Institut technique du chanvre français et le réseau ontarien d’innovation Elorin (Eastern Lake Ontario Regional Innovation Network) ont conclu un accord de collaboration « afin de mettre au point une moissonneuse-batteuse pour le chanvre, à double flux en un seul passage ». L’objectif est de diminuer les coûts de production de cette culture.
Une résurgence du projet d’Henry Ford
Dans le deuxième projet, le centre de recherche Agro-industrie Recherches et Développements (ARD), société de recherche privée détenue notamment par les coopératives céréalières de Champagne-Ardenne et le groupe sucrier Cristal Union, et les fabricants de pièces automobiles français, sont intéressés par une participation à l’Ontario BioCar Initiative. L’objectif est de mettre au point la voiture la plus écologique possible, c’est-à-dire légère et constituée de biomatériaux ou en tout cas de matériaux composites contenant du chanvre, des biopolymères ou d’autres composants issus de la la chimie verte. Rappelons que déjà à partir des années 1910, Henry Ford a réfléchi aux ressources agricoles pour fabriquer des voitures. Il a expérimenté l’emploi du blé, du soja et du chanvre. Des plastiques de farine de soja ont été employés pour les portes, la boîte à gants, le levier de changement de vitesse, les pédales et le tableau de bord.
Le troisième projet concerne la distribution d’une ligne de produits de chimie verte, comme des solvants, par la société picarde Novance, à des sociétés de l’Ontario.
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Accord dans l’Ontario
Dans le quatrième projet, l’université de Reims a conclu un accord préliminaire de collaboration avec l’Université Brock à St-Catharines, dans l’Ontario, dans le domaine de la recherche sur le resvératroll, molécule contenue en abondance dans le vin, les mûres et les cacahuètes, et réputée pour ses effets contre le cancer, les insuffisances cardiaques et le diabète. Un autre aspect de ce projet est la recherche pour implanter des vignobles en régions plus au Nord, tant en Champagne-Picardie qu’en Ontario.
« Je me réjouis de notre collaboration avec l’Ontario. En tant que premier biopôle en France pour les bioproduits, collaborer avec le leader de la recherche et de l’innovation au Canada peut apporter des synergies et une innovation qui bénéficieront à nos deux territoires », a commenté Bernard Mary, président du pôle IAR.L’Ontario, qui représente 43% de l’économie canadienne, « est un leader dans les biotechnologies », précise le pôle IAR. « Au cours des prochains mois, d’autres initiatives entre les biopôles de l’Ontario et des régions Picardie et Champagne-Ardenne sont attendues dans les domaines de la bioénergie, de la bioprospection, de la fermentation et de la recherche en viticulture et œnologie », promet IAR.
Par ailleurs, le pôle IAR est en train de développer la coopération technologique avec Wagralim, son équivalent en Wallonie.