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FranceAgriMer Début d'une période critique pour les céréales

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Lors de sa conférence à la suite du conseil spécialisé des céréales, le 11 mai, FranceAgriMer a indiqué que si les dégâts de la sécheresse ne sont pas encore quantifiables, les quinze prochains jours seront décisifs. Cependant, les anticipations restent pour le moment sur une année moyenne en terme de rendement, car les dégâts irréversibles de la sécheresse sur les céréales ne sont pas encore avérés, exceptés en terres légères.

«Nous entrons dans une période critique mais l'impact du climat sur les niveaux de production des cultures n'est pas encore quantifiable » a indiqué Christian Vanier, directeur adjoint de FranceAgriMer en charge de l'animation des filières, lors d'une conférence de presse le 11 mai faisant suite au conseil spécialisé des céréales. En effet, selon les régions, l'effet d'un climat chaud et sec depuis la sortie de l'hiver a engendré une précocité de quinze jours sur les stades du blé. « Dans certaines régions, l'épiaison est bien entamée et le stade de remplissage des grains se profile dans les prochains jours » a souligné Rémi Haquin. « Un déficit hydrique durant le remplissage pourrait, pour le coup, engendrer des dégâts irréversibles et quantifiables sur les cultures de blé » ont reconnu les représentants de FranceAgriMer.

Une forte volatilité touche à nouveau le marché mondial des céréales
« Sur le mois d'avril, de fortes fluctuations ont été observées sur les marchés des matières premières dans leur ensemble » a fait remarquer Michel Ferret, chef du service des marchés et des études des filières de FranceAgriMer. Selon lui, entre une note de la banque Goldman Sachs ayant pointé la surévaluation du marché des matières premières courant avril, et le « weather market » qui sévi sur les marchés agricoles en Europe, en Chine et aux USA, les marchés agricoles ont été soumis à une forte volatilité sur le mois passé. « A cela vient s'ajouter la question sur les stocks russes » a ajouté Michel Ferret. D'après ses informations, l'embargo russe sur les exportations de céréales pourrait être levé au 1er juillet de cette année. En effet, certains opérateurs commenceraient à contourner la restriction en exportant de la farine depuis la Russie, mais cela ne concernerait que des volumes marginaux compte tenu des capacités d'écrasement du pays. Enfin, une déconnexion entre les prix de la nouvelle récolte françaises et américaines est remarquée par Michel Ferret. En France, la récolte 2011 de blé est moins chère que celle de 2010 en raison d'opérateurs confiant quant aux disponibilités pour le moment. En revanche, aux Etats-Unis la prochaine récolte est à un niveau de prix supérieur à l'ancienne en raison d'inquiétudes liées notamment à la sécheresse actuelle.

Un bilan mondial 2010/2011 annoncé tendu par FranceAgriMer
« Les pays exportateurs voient leurs stocks se replier, et il en va de même pour les pays importateurs. Sur un marché mondial qui s'élargi, avec une hausse des importations du Moyen-Orient notamment, la pression sur les fondamentaux s'amplifie » a souligné Christian Vanier. D'ailleurs, selon Michel Ferret, « le bilan mondial de fin de campagne 2010/2011 devrait être tendu ». Ainsi, les stocks mondiaux de maïs baisseraient de 23,4Mt d'une campagne sur l'autre et s'établiraient à 122,4Mt en 2010/2011. Concernant le blé tendre, les stocks mondiaux se replieraient de 15,1Mt pour atteindre les 182,8Mt en fin de campagne 2010/2011. Côté français, FranceAgriMer estime que les stocks de fin de campagne 2010/2011 devraient s'établir aux alentours des 2,2Mt, contre 3,4Mt l'an dernier à la même époque. Une forte baisse qui s'explique par le dynamisme des exportations. En maïs, le stock de fin de campagne est attendu par FranceAgriMer à 2,8Mt, contre 2,3Mt à la même époque l'année dernière et 2,5Mt le mois dernier. L'alourdissement des stocks français en maïs pour la fin de campagne s'expliquant par une révision à la hausse de la collecte, et de ventes vers l'UE moins élevées que prévues. Enfin, en ce qui concerne la nouvelle récolte française de céréales, Rémi Haquin a déclaré « on a perdu l'idée d'une bonne année, mais nous n'excluons pas qu'elle soit moyenne ».

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