Marcel Lapierre, pionnier du vin « nature » dans le Beaujolais, est décédé le 11 octobre à l’âge de 60 ans. Il était connu dans le monde entier comme le chef de file d’une génération de vignerons français attachés à intervenir le moins possible sur le vin. Pendant la vinification, « on intervient très peu, on se contente de guider. Je dis souvent pour rigoler que ce sont des vins de fainéants et de radins », confiait le vigneron. Ces vins naturels, très à la mode à Paris, New York, au Japon ou en Scandinavie, représentent un marché de niche en plein développement, dans la mouvance du bio et de la quête de produits « authentiques », liés au terroir. Marcel Lapierre, dont le morgon fruité couleur framboise, au col fermé par de la cire rouge, est très apprécié des amateurs de vins naturels, a « beaucoup œuvré pour hisser le beaujolais au niveau qu’il mérite », souligne Caroline Furstoss, sommelière au Shangri-la à Paris. Quand Marcel Lapierre reprend l’exploitation familiale dans les années 1970, il fait du vin « comme on me l’avait appris à l’école »... Avant de réaliser qu’il ne lui « plaisait pas au goût ». Virage à 180 degrés. Il se lance dans le bio et la biodynamie et commence à vinifier avec un minimum de soufre et sans ajout de levures. Avec l’aide de copains biochimistes, il se met à faire le même vin que son père et son grand-père, « mais avec des outils modernes permettant de maîtriser le processus. Les anciens, eux, avaient régulièrement des accidents, et devaient jeter des cuvées entières au caniveau ».
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