Les réactions ont été nombreuses de la part des syndicats et des associations, à la suite de la vague de décès de travailleurs saisonniers possiblement liée aux fortes chaleurs survenues pendant les vendanges. Des enquêtes sont aussi en cours.
Le décès de plusieurs vendangeurs, possiblement à cause d’une exposition trop longue aux fortes chaleurs du début septembre, a suscité des suites judiciaires et des réactions. En Champagne, des enquêtes ont été lancées par le parquet de Châlons-en-Champagne. « Deux hommes ont trouvé la mort ces derniers jours alors qu’ils étaient aux vendanges sur notre ressort », indiquait-il dans un communiqué. Une femme a été retrouvée morte à son domicile, suite à « un malaise ayant été rapporté les jours précédents pendant les vendanges », ajoute le parquet, soulignant qu’« aucune infraction n’a été relevée pour le moment, ni aucune autopsie ordonnée au regard des constatations médicales effectuées par les services de secours ».
Une quatrième victime est à déplorer : un vendangeur de 19 ans, qui a chuté d’un enjambeur le 8 septembre et est décédé à l’hôpital. Maxime Toubart, président du syndicat général des vignerons de Champagne a exprimé son émotion à l’AFP : « Les gens ne viennent pas en vendange pour y perdre la vie. Il sera peut-être avéré que le soleil y est pour quelque chose, mais avec 120 000 personnes qui affluent en quinze jours, forcément il se passe des choses. »
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Anthony Smith, membre du Conseil national de l’inspection du travail, a estimé, sur les ondes de France info, qu’il fallait « adapter le Code du travail aux changements climatiques » et que les vignerons « doivent s’organiser » comme dans le secteur du BTP. Il a recommandé qu « un plan d’action chaleur » soit transmis aux inspecteurs du travail par les employeurs, avec des mesures concrètes (modification des horaires, réduction des journées de travail, augmentation des pauses payées, arrêt de l’activité si nécessaire). La CFDT Agri Agro a appelé le gouvernement à conditionner les aides proposées pour l’installation de nouveaux exploitants à la prise en compte des conditions de travail. Elle rappelle avoir demandé l’inscription à l’agenda social de l’interbranches agricole d’une négociation sur les conditions de travail en agriculture, qui débutera en octobre 2023. La CGT-Fnaf a demandé « la réduction du temps de travail à 32 heures par semaine et la réintégration des CHSCT ainsi que de nouveaux droits pour les CPHSCT ». De son côté, la Fnath (Association des accidentés de la vie) plaide pour l’adaptation de la législation : « Le Code du travail ne donne aucune indication concernant les seuils de température à partir desquels travailler présente un risque pour les salariés. Il est urgent que le législateur prenne en compte les recommandations » de l’INRS (sécurité au travail) : 28 °C maximum pour un travail physique.