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Déchets Déchets plastiques : l’industrie regrette le vote des parlementaires

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L’industrie agroalimentaire de l’UE s’inquiète du fait que le vote du Parlement européen sur la proposition de directive sur les déchets plastiques à usage unique ne s’attaque pas aux causes profondes du problème et va même jusqu’à proposer l’interdiction des plastiques jetables dès l’année 2021.

Par la voix de son lobby FoodDrinkEurope, l’industrie agroalimentaire de l’UE déplore le vote du 24 octobre du Parlement européen sur la proposition de directive de la Commission sur les plastiques jetables, présenté en mai 2018. Le Parlement a en effet renforcé le dispositif d’interdiction de certains produits plastiques à usage unique en y ajoutant notamment les emballages de fast-food en polystyrène ou les produits oxo-dégradables (1). « Les industriels regrettent l'occasion manquée de mieux définir le champ d'application de la proposition de directive de la Commission sur les déchets plastiques jetables et d'offrir aux producteurs la certitude d'opérer dans l'ensemble du marché unique », dit-on au quartier général de FoodDrinkEurope. Ils s'inquiètent du fait que le résultat du vote massif du rapport de la libérale belge, Frédérique Ries, ne s'attaque pas à la cause profonde des déchets et estiment, quant à eux, « que la prévention des déchets devrait être la pierre angulaire d'une approche politique européenne de la gestion des déchets ». Pour y parvenir, il faut, disent-ils, adopter « une approche globale, partagée et holistique de l'éducation, de l'innovation, de l'infrastructure et de l'application des règles ». A leurs yeux, la directive-cadre sur les déchets récemment révisée et la directive relative aux emballages et aux déchets d'emballages comprennent déjà des outils efficaces pour atteindre ces objectifs, notamment le principe de la responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les emballages.

Le secteur européen de l'alimentation et des boissons se dit engagé à intensifier ses efforts pour améliorer l'utilisation, la réutilisation et le recyclage des plastiques ainsi que pour optimiser l'utilisation des ressources disponibles. Il assure « s'efforcer d'améliorer les pratiques de gestion des déchets à tous les stades de la chaîne d'approvisionnement alimentaire tout en garantissant la sécurité alimentaire ». Comme l'indique, rappelle-t-on à FoodDrinkEurope, la feuille de route du secteur pour l'emballage durable, récemment adoptée par le secteur (2).

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Le Parlement débutera les négociations avec le Conseil des ministres de l’UE, une fois que ce dernier aura adopté sa position sur la proposition de directive relative à la réduction de l’impact sur l’environnement de certains déchets plastiques. Ce qui ne semble pas intervenir avant la fin de ce mois de novembre dans la mesure où le calendrier institutionnel s’avère très serré en cette fin d’année. Selon la présidence autrichienne de l’UE, les négociations en trilogue (Conseil/Parlement/Commission) sur ce dossier ne pourraient pas commercer avant le 18 décembre 2018.

Le Parlement veut interdire les plastiques jetables dès 2021

Par 571 voix pour, 53 voix contre et 34 abstentions, le Parlement européen a sensiblement amendé la proposition de directive de la Commission européenne sur les déchets plastiques jetables à usage unique dont l’objectif affiché est de réduire l’utilisation de dix catégories de produits plastiques. Parmi ceux-ci notamment: les récipients pour aliments ou pour boissons, les couverts, les pailles et autres touillettes à usage unique, lesquels seront interdits à partir de 2021. Les députés y ont ajouté les produits contenant des plastiques oxo-dégradables, tels que les sacs et les emballages ainsi que les emballages de fast-food en polystyrène expansé. Ils réclament en plus des mesures de réduction d’au moins 25% d’ici 2025 pour les plastiques pour lesquels il n’existe pas d’alternative. Parmi ces produits, on trouve notamment les emballages à usage unique pour les burgers, les sandwichs, les fruits, les légumes, les desserts ou les glaces. Les États membres devront proposer des plans nationaux pour encourager l’utilisation de produits adaptés à un usage multiple, ainsi que la réutilisation et le recyclage. D’autres plastiques, comme les bouteilles, devront être collectés séparément et recyclés à 90 % d’ici 2025.