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MARKETING/MEUNERIE Decollogne mise sur l'innovation pour renouer avec les bénéfices

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Moulin Decollogne veut dynamiser le marché de la farine en GMS grâce à des produits premium et pratiques, à l'instar de doses de 100 grammes pour une consommation occasionnelle, en cours de lancement. La société, qui a lourdement investi dans un moulin bio opérationnel depuis 2012, accuse pour l'heure de lourdes pertes et espère retrouver l'équilibre rapidement.

APPLIQUER au marché de la farine les recettes qui ont marché pour le sucre, c'est l'idée de Decollogne (Dijon Céréales), qui s'est récemment lancé à l'assaut du grand public avec une gamme bio. La PME (8 millions d'euros de chiffre d'affaires annoncés) innove avec de la farine en dose de 100 g, vendue 90 centimes l'unité (deux références : T 65 et T 110), contre 2,30 euros le sachet d'un kilo. « Certains consommateurs ont une utilisation très occasionnelle de farine. Cette offre leur est destinée, d'autant que la farine bio se conserve moins longtemps que la farine conventionnelle, neuf mois au lieu de deux ans », explique Adrien Bocquillon, responsable commercial. Non traitée, la farine bio est en effet plus sujette à l'oxydation et à l'apparition d'insectes que la farine conventionnelle. Avec cette gamme de dosettes, Decollogne, qui produit 20 000 tonnes de farine (bio pour les deux tiers), vise 50 tonnes à deux ans, sur 500 tonnes d'objectif pour le grand public (GMS, réseaux spécialisés, boulangeries). Dans un second temps, les dosettes, distribuées pour l'heure dans une centaine de points de vente (dont 50 dans la grande distribution) pourront être déclinées avec des farines de spécialité : seigle, épeautre, kamut… « La farine est traitée comme un produit de base, mais ce n'est pas si simple. Notre positionnement premium vise à faire découvrir une autre qualité aux consommateurs », indique Adrien Bocquillon. Decollogne est ainsi connu pour ses farines de meule, plus riches nutritionnellement (présence du germe) que les farines sur cylindre.

Outre le moulin historique de Précy-sur-Marne (12 000 tonnes de capacité, huit personnes), destiné principalement à la farine conventionnelle, Decollogne dispose d'un moulin 100 % bio flambant neuf à Aiserey. Opérationnel depuis 2012, il produit actuellement environ 15 000 tonnes de farine, pour une capacité de 25 000 tonnes.

UNE MAUVAISE RÉCOLTE

Si Decollogne essaye de développer les conversions autour du moulin, l'approvisionnement n'est pas 100 % local, ni même 100 % français (sauf pour la gamme destinée au grand public). « Selon la qualité des blés, nous devons nous approvisionner dans d'autres régions voire en Italie, en Allemagne ou en Autriche pour obtenir une farine correspondant au cahier des charges de nos clients. C'est particulièrement vrai cette année compte tenu de la mauvaise qualité de la récolte », explique Adrien Bocquillon.

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FARIN'UP : UNE INNOVATION VENUE DU LUXEMBOURG

Les Moulins de Kleinbettingen (dernier meunier luxembourgeois) veut aussi réveiller le marché de la farine avec Farin'up, de la farine en doy-pack avec bouchon à vis, à l'instar des packagings existant sur le sucre (voir Agra alimentation du 17 avril 2014). Deux références de farine sont sur le marché (PVC pour la farine fluide : 1,59 euro les 750 grammes ; pour la farine avec poudre à lever : 1,89 euro les 750 grammes).Déjà présente chez Monoprix, la marque, qui comprend également des graines (sésame, courge, lin…) doit faire son entrée chez Système U ainsi que dans certaines régions Intermarché et Leclerc. Les produits sont aussi déclinés sous marque distributeur. Les Moulins de Kleinbettingen réalisent une quarantaine d'euros de chiffre d'affaires, dont environ 5 % réalisés avec Farin'Up (Benelux, Allemagne, Suisse et France) et emploient 45 personnes.

DES PERTES IMPORTANTES

Très diserte sur son développement, l'entreprise est plus discrète sur ses résultats. Depuis 2012, Moulin Decollogne, qui est fortement endetté, accuse de pertes importantes (1,4 million d'euros de perte d'exploitation sur 2012/2013 pour 8 millions d'euros de chiffre d'affaires). Questionnée sur ces résultats par Agra alimentation, un porte-parole de l'entreprise précise que « l'équipe dirigeante les juge positifs. L'entreprise porte encore la phase d'investissement liée à la construction du moulin et le lancement des nouveaux projets. S'y est ajoutée au cours de la dernière campagne la conjoncture avec un prix soutenu des matières premières céréalières. L'innovation est un des leviers majeurs de développement et le retour à l'équilibre programmé rapidement. » Moulin Decollogne, qui ne souhaite pas communiquer précisément sur son actionnariat, appartient à des groupes groupes coopératifs régionaux (Bourgogne Franche-Comté et région Centre) et des meuniers du Grand-Est de la France. Avec 25 % du capital, Dijon Céréales est le premier actionnaire de la société.