Depuis 1996, l’Espagne importe des quantités importantes de maïs et de soja transgéniques. Depuis 1998, elle cultive le maïs OGM sur son sol. Les agriculteurs bio, qui sont quasiment les seuls à exercer des contrôles, selon leurs syndicats, ont détecté des contaminations de culture de maïs. En Navarre, beaucoup auraient jeté l’éponge. Des cas de contamination de l’alimentation animale ont également été constatés.
En 2001, le Conseil de la production biologique de Navarre (CPAEN) a détecté la présence d’OGM dans les récoltes de maïs de deux exploitations, rapporte un dossier rédigé par les associations « Les amis de la terre » et Greenpeace Espagne. Dans l’un des cas, le maïs Bt 176 (Compa CB), cultivé en Espagne depuis 1998, a été identifié. Dans les deux cas, « le matériel transgénique était présent dans une proportion supérieure à 0,05% », liée à une pollinisation croisée, selon le CPAEN. Après ces analyses, les deux productions ont perdu le label Bio. Les agriculteurs n’ont eu droit à aucune indemnisation. Cet exemple a provoqué l’abandon de la production biologique chez presque tous les agriculteurs bio de Navarre, selon le rapport.
En août 2003, Greenpeace repèra un champs de maïs OGM (événement Bt 176, Compa CB) dans la commune de Villanueva de Gàllego (province de Saragosse). Un prélèvement d’un champ de maïs conventionnel situé à 200 m fut analysé et révéla une contamination à l’événement Bt 176.
Le soja également concerné
Le maïs n’est pas le seul produit concerné. Fin 2001, dans une ferme biologique, le CPAEN a découvert qu’un lot de soja utilisé en alimentation animale contenait des OGM (la culture de soja OGM est interdite en Espagne). La production de viande de la ferme a dû être déclassée. Les producteurs avaient utilisé des semences américaines contaminées.
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Au Pays basque, le syndicat agricole EHNE (Coordination paysanne européenne) réalise régulièrement des analyses d’alimentation animale. Il a détecté au moins cinq cas de contamination par maïs ou soja OGM, sans mention sur l’étiquette.
En Catalogne, des éleveurs bio ont découvert que l’aliment utilisé pour leur bétail contenait 0,7% de soja OGM, alors qu’il était sensé ne pas contenir de soja.
Vingt détections en 2005
Devant la multiplication de ces cas mis à jour par les comités de contrôles de l’agriculture biologique, Greenpeace a décidé de mener des analyses avec la Plataforma transgénics fora et la Assembla pagesa de Catalunya, pour tenter de mesurer la contamination par les OGM. Une vingtaine de nouveaux cas ont ainsi été découverts en 2005. L’association écologiste précise que chaque analyse coûte entre 250 euros (détection d’OGM) et 350 euros (identification de l’OGM). Jusqu’à présent ces coûts sont supportés par les seuls agriculteurs bio. Ce qui explique la quasi absence de données disponibles en Espagne sur les contaminations OGM. L’utilisation des OGM se fait « sans le moindre contrôle gouvernemental » dans ce pays, critique l’association. Les emplacements des champs transgéniques, poursuit Greenpeace, ne sont pas connus alors que 30 000 hectares sont semés de maïs OGM, selon les données de l’industrie des biotechnologies.