Depuis deux ans, c'est à l'aune de la décroissance que vit l'agriculture. Les statistiques de l'Insee et du ministère de l'Agriculture révèlent cette réalité inquiétante : en volume, la production diminue, de même que la valeur ajoutée par les agriculteurs. Tout ceci conduit à une baisse du revenu mais la réduction du volume sorti des fermes n'était pas inéluctable. Il y a dans cette réduction, comme le symptôme d'un certain renoncement. La ferme France perd du terrain tandis que d'autres fermes européennes en gagnent. Ceci est vrai, tant des productions végétales que des animaux. Et pourtant, les consommations intermédiaires, comme les engrais, les fongicides ou les aliments du bétail ont vu leur usage augmenter. De fait, l'agriculture produit de moins en moins en consommant de plus en plus. Il faut bien le reconnaître, elle prend, globalement, le chemin inverse de cette agroécologie tant recherchée. La preuve se trouve dans les statistiques : la valeur ajoutée brute de la branche agricole, en 2013, s'est réduite de 15% Si l'on inclut les achats d'investissements, cette valeur ajoutée s'est même effondrée de 25% !
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Il faut d'urgence changer quelque chose dans le « logiciel » qui fait fonctionner l'agriculture. Sinon, nous allons de plus en plus ressembler à un pays en voie de développement sur le plan agricole : spécialiste des matières premières peu transformées. D'ailleurs les résultats du commerce extérieur pour 2013 le montrent bien : les exportations de produits bruts ont augmenté de près de 10%, essentiellement par le volume ; les résultats des produits transformés sont bien moins flatteurs : les quantités livrées ont stagné et, surtout, l'excédent de nos échanges avec l'Europe a baissé de… 93%. Oui, décidément, il y a quelque chose à changer dans l'agriculture française.