Un grand nombre d’observateurs prennent comme un événement le fait que la France se retrouve statistiquement en récession, à quelques dixièmes de pourcentage près. Ce n’est pas un événement. Le taux de croissance ou de décroissance est une moyenne, symbolique, qui cache des situations extrêmes, préoccupantes depuis longtemps.
Situations extrêmes : le développement de bidonvilles autour de grandes villes comme Paris ou d’autres ; la multiplication de personnes qui dorment, la nuit, dehors faute de logement à leur portée, de personnes qui ne parviennent plus à se soigner, voire à se nourrir correctement.
Des secteurs entiers savent eux aussi que la croissance n’est plus qu’un souvenir. En 2012, si le revenu moyen des agriculteurs a progressé, le volume produit par la ferme France a baissé de 3,3%, en dépit de certaines hausses des prix pour les grandes cultures. Cela signifie que le revenu moyen a progressé, non en raison de la création de richesses supplémentaires, mais en raison de la concentration des exploitations.
Il est d’autant plus important de passer à la fameuse phase 2 de l’action gouvernementale. Celle qui va permettre de produire plus, de donner des perspectives de développement aux agriculteurs, d’investir plus encore que par le passé. Stéphane Le Foll, dans une interview à Agra Presse, s’en montre persuadé. Encore faut-il que les acteurs des différentes filières en soient convaincus, capables de s’entendre plutôt que de chipoter tel ou tel avantage parfois aux dépens de l’autre. Prenons le porc : si la distribution et les industriels acceptent de mieux payer les éleveurs, la production sera incitée à croître et à apporter plus d’animaux pour mieux saturer les abattoirs et outils industriels. Et les rendre viables. Les Allemands l’ont compris. Pourquoi pas les Français ?

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