La tribune offerte au Premier ministre par le salon de l’élevage à Rennes n’était pas forcément la plus adéquate mais c’est là qu’il a voulu faire ses débuts devant le monde agricole en s’attachant surtout, en ces temps de pétrole cher, à promettre un coup d’accélérateur au dossier des énergies nouvelles et des biocarburants. C’est autant de gagné pour l’agriculture à la recherche de nouveaux débouchés pour ses filières végétales et pour les outils industriels dont elles se dotent à grand pas (trituration de graines, glucoseries, distilleries). Ceux qui attendaient des consolations sur la crise du lait ou des autres productions animales qui affectent tant les départements de l’Ouest en ont été pour leurs frais. Il est vrai que le matin même Dominique Bussereau avait réussi à imposer, via son médiateur ad hoc, « la paix des braves » dans l’interprofession laitière. On a accouché au forceps d’un accord en moins de huit jours, mais à quel prix ? Du provisoire et un engagement à trouver mieux ensuite. La baisse des prix ainsi avalisée pour le lait n’est en fait qu’un expédient qui se voudrait en phase avec la déflation galopante qui gagne l’alimentation en France. En effet, quand le budget chauffage ou transport s’envole pour les ménages au gré de la hausse du pétrole, les Français savent de mieux en mieux comment rogner sur leur alimentation. A l’heure du papy-boom, ce glissement progressif des dépenses ne peut que s’amplifier…, faute de nouvelles bouches à nourrir.
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