Ainsi, nous disent les experts de la commission Ambec, l’accord UE-Mercosur aboutirait à une augmentation de 6 % de la déforestation en six ans. Disons-le tout court, les conclusions de ce rapport achèvent un mourant (l’accord), et la réaction du Premier ministre Jean Castex attendue ce vendredi 17 septembre ne laisse pas planer beaucoup de doutes ; Emmanuel Macron a déjà rappelé depuis de longs mois que son appui à l’accord UE-Mercosur était suspendu tant que le Brésil ne montrerait pas patte blanche sur la déforestation. Le rapport ne pourra que durcir cette position, et participer à lancer une série de laborieuses re-négociations en Europe, et avec Brasilia, qui reste un partenaire peu fiable tant que Jaïr Bolsonaro sera au pouvoir – son mandat s’achève en 2023. Bref, une voie obscure.
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Pourtant, ce rapport offre une démonstration éclairante sur l’utilité des droits de douane : cela fait plusieurs années que l’Union européenne ne sait pas par quel bout prendre le problème de la déforestation importée, s’embourbant notamment sur les techniques de traçabilité et la production de connaissances complexes. Or, ce rapport n’offre-t-il pas une solution très simple au problème ? En effet, les experts nous disent que la baisse des droits de douane accroît la déforestation ; cela ne veut-il pas dire que la hausse de ces mêmes droits de douane peut avoir l’effet inverse ? Augmenter les droits de douane contre la déforestation : avant Trump et le Covid, c’était politiquement inenvisageable. Aujourd’hui, pourquoi pas ?