Abonné

Dégâts de gibier : tensions encore vives entre chasseurs et agriculteurs

- - 4 min

Le congrès national exceptionnel de la Fédération nationale des chasseurs, organisé à Paris le 23 octobre, a été l’occasion, pour les chasseurs et les agriculteurs, d’étaler leurs divisions sur de nombreux sujets. La FNSEA propose un « contrat d’entraide » pour sortir de l’impasse.

Une discussion à bâtons rompus. Le congrès de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), organisé à Paris le 23 octobre, a permis aux chasseurs et aux représentants syndicaux agricoles, conviés à l’évènement, de confronter leurs visions sur l’épineuse question des dégâts de gibiers. Cette assemblée générale des fédérations de chasseurs a été réunie spécialement par la FNC pour discuter de ces questions.

« Nous ne voulons plus être les seuls à payer », ont martelé les représentants locaux de la FNC confrontée à une hausse des indemnisations liée à la prolifération des sangliers dans les campagnes françaises : pendant la saison 2017-2018, les chasseurs ont tué près de 700 000 sangliers, contre seulement 45 000 dans les années soixante-dix.

« Les agriculteurs n’ont pas à payer ce qui incombe aux gestionnaires du gibier », a rétorqué le vice-président des Jeunes agriculteurs, Loïc Quellec, qui estime qu’il est « inadmissible de voir l’outil de travail des agriculteurs endommagé, alors que certaines méthodes de chasse, comme l’agrainage et le lâcher de gibier, sont encore pratiquées ».

Pas assez de petit gibier

Une affirmation vivement contestée par les chasseurs, qui reprochent de leur côté aux agriculteurs de ne pas faire suffisamment pour préserver le petit gibier dans leurs champs. « Nous entendons la volonté des agriculteurs d’en faire plus, mais nous attendons des actes et des résultats sur cette question », a ainsi affirmé le président de la Fédération nationale de la chasse, Willy Schraen.

Pour accélérer la régulation du sanglier dans les campagnes françaises, les JA, la FNSEA et la Confédération paysanne ont demandé, en chœur, la fin des plans de chasse destinés à garantir la viabilité des espèces, afin de « tirer le sanglier toute l’année et de le considérer comme nuisible ». Les chasseurs estiment au contraire que supprimer ces plans « ne sert à rien », si ce n’est leur retirer des informations sur les effectifs de l’espèce.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Pour calmer les tensions, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a proposé aux chasseurs un « contrat d’entraide », prévoyant un « renforcement des moyens de régulation des sangliers », une « simplification des conditions d’indemnisation » des agriculteurs, en échange, notamment, de la mise en place « d’actions conjointes en faveur de la biodiversité », particulièrement sur le « petit gibier ».

Unis contre le « bashing »

Le plan proposé par la FNSEA prévoit en outre la suppression totale des restrictions sur la chasse aux sangliers, la mise en place d’une indemnisation plus large des dommages, permettant de prendre en compte les pertes liées aux produits déjà récoltés ou stockés, une dématérialisation de la procédure d’indemnisation et une détection des dégâts par drones.

Réagissant à ces propositions, Willy Schraen, président de la FNC, a salué « la main tendue » de Christiane Lambert. Chasseurs et agriculteurs se sont par ailleurs mis d’accord pour appeler à faire face ensemble aux « attaques des animalistes », au « bashing » et à « défendre la ruralité ».

Une « simplification des conditions d’indemnisation »

« Nous ne voulons plus être les seuls à payer »