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Deinove : de plus en plus de valeur ajoutée, de moins en moins de volumes

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Nouveau pas en avant de Deinove, société de développement de procédés de biotechnologies, dans les domaines à petits volumes et haute valeur ajoutée, comme les produits de santé, de nutrition et de cosmétique. Après avoir annoncé le 4 janvier la publication de deux demandes de brevets relatifs à sa première molécule antibiotique issue de sa collection de bactéries du genre deinocoques, elle indique qu’elle détient désormais 100 % de sa filiale d’antibiotiques Deinobiotics. Ses dirigeants estiment qu’ils répondent au défi des résistances bactériennes, sachant que « depuis 2010, aucun nouvel antibiotique innovant n’a été mis sur le marché ». Son directeur général, Emmanuel Petiot, compte « construire un véritable pipeline » de molécules antibiotiques innovantes « à partir de la bibliothèque exclusive de souches bactériennes rares » de Deinove.

Jusqu’en 2016, la société Deinove était surtout axée sur la mise au point d’éthanol de seconde génération, à partir de matières premières cellulosiques. Elle a affiché le 29 septembre dernier son objectif de « focaliser ses activités sur les composés à haute valeur ajoutée ». Deinove a suspendu en 2016 son programme de recherche d’éthanol cellulosique produit à partir de paille de blé digérée par les deinocoques en raison des prix trop bas du pétrole. « Je ne pouvais pas garantir que notre modèle soit porteur sur la durée avec l’éthanol. En revanche nous savons que la demande d’antibiotiques est constante », a expliqué Emmanuel Petiot. Le travail mené sur l’éthanol cellulosique n’a pas été inutile : « Nous avons appris à dompter les bactéries ». De toute façon, « il est toujours possible de ressortir le programme si les cours du pétrole remontent ».

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Deinove s’éloigne donc pour l’instant d’un modèle fortement consommateur de biomasse pour s’orienter vers des secteurs à forte valeur ajoutée où la matière première compte peu. La société termine néanmoins la première phase d’un programme de développement d’acide muconique biosourcé, un acide qui sert à la fabrication de résines polyamides pour objets de grande consommation, tels les joints de serrage. La production d’acide muconique biosourcé devrait utiliser plus de volumes que les antibiotiques, mais pas dans l’immédiat, car « on reste loin de la phase de démonstration ».