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Biocarburants de seconde génération Deinove parvient à produire de l’éthanol à 3 degrés avec des bactéries

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La PME de recherche et développement (R&D) Deinove, spécialisée dans la mise au point de procédés de production d’éthanol de seconde génération, est parvenue à produire de l’éthanol à trois degrés avec des bactéries, a indiqué son directeur général, Jacques Biton, le 18 septembre.

La preuve du concept est faite : on peut produire de l’éthanol avec des bactéries, qui remplacent enzymes et levures. Il y a deux ans, au moment du démarrage des travaux de recherche de Deinove, la production d’éthanol en recourant aux bactéries était nulle, a rappelé Jacques Biton. « Les industriels sont prêts à acheter notre procédé dès que nous atteindrons huit degrés d’éthanol », a-t-il ajouté.

La partie cellulosique du blé dégradée en alcool

Cette performance a été obtenue avec la quasi-totalité du grain de blé, y compris le son, qui est cellulosique, alors que, classiquement, l’éthanol est produit seulement à partir de la farine, riche en amidon. Un pas vers l’éthanol de seconde génération, dont le principe est de produire uniquement à partir de ressources non comestibles.
La technologie de Deinove consiste à recourir à des bactéries pour remplacer à la fois les enzymes (qui dégradent en sucres la matière première végétale) et les levures (qui dégradent les sucres en alcool), dans l’espoir d’obtenir d’appréciables gains de productivité, car les procédés s’en trouvent simplifiés.
Autre source d’économies de coûts de production : ces bactéries utilisées sont des deinocoques thermophiles, caractérisées par une résistance exceptionnelle à la chaleur et aux rayonnements. Le caractère thermophile des deinocoques rend possible d’importantes économies d’énergie : pas besoin de refroidir de 75 degrés à 35 degrés entre l’étape de l’hydrolyse et celle de la fermentation, ni de remonter la température pour arriver aux 75 degrés nécessaires à la distillation. Cela parce que les deinocoques supportent ces températures, contrairement aux levures, a précisé Michaël Krel, directeur du développement chez Deinove.
L’entreprise en est au stade du pilote de laboratoire, avec l’objectif de passer de fermenteurs de 30 litres à 300 litres dans l’année qui vient. Fin 2013, début 2014, elle devrait passer au stade du pilote industriel, chez son partenaire industriel Tereos, dans l’usine d’éthanol de blé de Lillebonne.

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