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Produits de la mer/Stratégie Delpierre veut reconquérir le consommateur en direct

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Estimant que la grande et moyenne distribution n’a pas su profiter de l’engouement des consommateurs français pour les produits de la mer, Delpierre se fixe pour objectif de partir à la conquête de ces clients avec une meilleure présence dans les rayons et linéaires et en offrant des produits qui séduiront par leur simplicité de préparation. Une première offensive sera lancée cet été avec une gamme de produits destinés au barbecue

Alors que la consommation de viande a chuté de 20% en 20 ans par habitant et par an en France (de 106,2 à 88,0 kilos), celle de produits de la mer a gagné 30% passant de 28,7 à 36,8 kilos. « Mais cette évolution est du seul fait de la restauration hors domicile qui représente deux tiers de la consommation », constate Philippe Darthenucq, directeur général de Delpierre-Adrimex. En cause, la grande et moyenne distribution qui ne profite pas de cette croissance : les achats dans ces surfaces n’ont cessé de baisser, de 693 milliers de tonnes en 2009 à 682 milliers en 2012, avec toutefois une embellie avec 705 tonnes en 2010. L’objectif est donc « d’apporter au consommateur le bon goût du produit de la mer, tant pour les produits de la marée en libre service que pour les produits traiteurs ». Delpierre entend jouer sur les attentes des consommateurs qui sont en quête de produits frais, ces derniers portant la croissance dans les rayons.

Parier sur la fraicheur…

Le groupe né au début du siècle dernier à Boulogne-sur-Mer a étendu sa gamme au fil des années et est l’un des seuls producteurs à offrir une gamme transversale allant des poissons et crustacés frais aux poissons fumés ou marinés et des charcuteries de poisson (1). Les approvisionnements se font dans le monde entier (Alaska pour le cabillaud péché à la ligne, Equateur pour les crevettes, Islande pour les harengs), mais tous sont transformés en France, une origine nettement affichée sur les produits. L’autre point fort mis en avant est la fraicheur : deux sites d’expédition à Nantes et Boulogne sur Mer permettent de livrer toutes les plateformes de produits avec des DLC de quatre jours. Le groupe est ainsi capable d’assurer sa présence dans les rayons marée des GMS en produits vendus en libre service : escalopes de saumon, crevettes, poissons traditionnels, côtoyant avec les produits fumés ou charcuterie du rayon traiteur.

…et l’innovation

L’autre levier de croissance sur lequel Delpierre veut jouer repose sur l’innovation : 3 millions € y sont consacrés chaque année sur l’ensemble des sites. « Il faut sans cesse penser à nos produits de demain et après-demain, explique Philippe Darthenucq. L’innovation doit porter tant sur les produits que sur les conditionnements ». C’est ainsi que sont nés il y a deux ans, les plateaux sushi. La gamme été 2013 offrira des brochettes de poissons ou crevettes, des saucisses de poissons, des sardines, maquereaux ou rougets pour barbecue. Des nouvelles cibles sont visées, avec des versions à poêler ou en papillote en version solo. Une toute nouvelle gamme proposera des saumons déjà cuits pouvant être consommés en l’état ou réchauffés. « Nous sommes résolument optimistes sur notre potentiel », estime le dirigeant qui demande toutefois que les partenaires publics diminuent les charges pour que les entreprises puissent continuer à investir. Il espère également « que les distributeurs acceptent de payer le juste prix si on veut conserver les emplois en France ». Il estime même qu’il est possible de fabriquer des produits d’entrée de gamme en France. « Il n’y a pas de fatalité pour que cela ne soit pas possible de fabriquer du saumon fumé sans délocaliser et à tous les prix, la priorité doit rester au maintien de l’emploi ».

(1) Le groupe va encore élargir sa gamme avec la reprise finalisée en fin du mois de mai de l'entreprise de saurisserie Les Pêcheurs d'Islande (environ 80 salariés) installée sur la zone d'activité de Saint-Léonard, près de Fécamp.

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